la foret d'anjozorobe et ses bordures facies végétaux, évolution spatiale pratiques culturales et gestion de l'aire protégée
Faculte Des Lettres Et Des Sciences Humaines - nan - None ()
Resume
la forêt danjozorobe dune superficie totale de 65 000 ha en 2000 (landsat tm+) recouvre deux régions administratives différentes : analamanga à louest et alaotra-mangoro à lest. sa position en zone de transition bio-climatique entre le versant oriental et les hautes terres lui confère des caractéristiques originales. définie comme une forêt de pente appartenant à la forêt dense humide de la zone éco-floristique de moyenne altitude, les faciès végétaux de la forêt danjozorobe ne présentent pas despèces à « affinités écologiques » permettant de préciser une association floristique spécifique à cette zone de transition. la variation des facteurs écologiques stationnels explique le rapprochement de ce cortège vers celui des hautes terres quant ils sont défavorables en termes climatiques (pluviosité, hygrométrie) et vers celui du versant oriental dans le cas le cas contraire. les différences de système agraire entre les deux versants se traduisent par deux évolutions différentes du corridor forestier : à la conquête de nouvelles rizières, la population du versant occidental pénètre progressivement dans la forêt suivant les axes hydrographiques, alors quun front net de déforestation sobserve sur la lisière orientale. mais les diversités des situations locales font que les facteurs de déforestation ne sont pas homogènes, ils peuvent être internes ou externes dans chacun des terroirs observés. les facteurs externes sont nombreux, complexes, mais labsence dencadrement technique explique pour beaucoup la détérioration des moyens de production des acteurs locaux et les oblige à intensifier lexploitation des ressources naturelles pour compenser la faible productivité de leur travail. laugmentation du prix des engrais, leur indisponibilité même sur les marchés locaux, labsence de suivi technique, la réduction de la taille moyenne dexploitation expliquent que les acteurs locaux se trouvent dans lincapacité daméliorer leurs techniques culturales. deux modes de gestion relativement équilibrés sont pourtant observés : dune part, dans le terroir dantsahabe, une gestion communautaire clanique dans laquelle les interdits coutumiers exercent un système de contrôle en matière dutilisation des ressources forestières,dautre part, la gestion de la forêt privée de la « croix vallon » dans laquelle lapplication des conventions collectives villageoises (« dina ») responsabilise la population locale dans une forme de gestion participative. toutefois, la mutation de la société clanique additionnée des problèmes socio-économiques engendre peu à peu une transgression des règles coutumières et conventionnelles, mettant en péril le mode en équilibre ancien. la saturation de lespace agraire de la plaine dandranomadio, en bordure ouest de la forêt, et louverture de léconomie domestique aux échanges dans le terroir dambohimiaramanana déterminent encore plus rapidement dautres formes de pression sur la forêt. lanalyse de lévolution de la couverture entre les prises de vues aérienne de 1957, les images landsat etm+ de 1994 et 2000, et les images à très haute résolution ikonos de 2006 permet de suivre la progression de deux fronts de déforestation, sur les deux lisières forestières et au sein même de la forêt, dans les vallées de sokafana et de beharana. le changement du statut juridique de la forêt, lapparition des nouvelles règles de gestion a entraîné la recomposition du système agraire et la diminution du capital foncier. la segmentation des territoires locaux par le biais du zonage de laire protégée ont bouleversé la gestion des territoires locaux. ces différents bouleversements nécessitent la mise en place dun processus de concertation en matière de gestion des ressources forestières.