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la culture entrepreneuriale dans la logique de la performance industrielle : cas des industries agroalimentaires à madagascar

Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie - nan - None ()

Auteur : andrianirina aimé

Annee de soutenance : 2011

Diplome : DOCTORAT

Langue : FR

Resume

l’homme pense à dieu quand il traverse une période difficile et à l’entreprise quand le pays traverse une crise, alors que les deux étaient toujours là. a la différence de dieu, le problème est que l’entreprise tomberait en crise avec le pays si elle n’était pas entretenue convenablement durant la période propice. c’est le moins qu’on puisse dire quand on aborde les questions des entreprises dans les pays en développement comme madagascar. tout le monde est conscient de l’importance de les promouvoir, mais les actions menées ne sont pas à la hauteur de la politique de développement escomptée. les résultats font que l’économie malgache demeure toujours à l’affût de la politique politicienne. avec les crises politiques cycliques prévalant à madagascar depuis son indépendance, l’économie n’a jamais eu une croissance stable et durable pour développer le pays. est-ce un problème de culture politique ou de culture entrepreneuriale ? alors que si l’on fait référence à la définition étymologique du politique « art d’administrer la cité », les deux cultures, au lieu de s’opposer devraient s’imbriquer cette recherche déduit que la culture entrepreneuriale des malgaches en général semble être insuffisante pour développer l’entrepreneuriat à madagascar ainsi que pour atténuer sinon affronter les effets néfastes des aléas des crises politiques. il est vrai que le concept de culture entrepreneuriale est encore nouveau dans le monde des affaires surtout dans les pays en développement, mais son importance s’avère indiscutable pour développer l’entrepreneuriat dans un milieu. il est important de signaler que l’entrepreneuriat et la culture entrepreneuriale sont deux concepts interdépendants, et que le développement de l’un entraîne naturellement la promotion de l’autre. la question principale au cœur de la problématique de cette recherche se situe au niveau du degré d’importance de la culture entrepreneuriale dans la détermination des performances d’une entreprise. en effet, la culture entrepreneuriale s’observe à la fois comme des facteurs intrinsèques et extrinsèques à l’entreprise pour développer sa performance. intrinsèque dans le sens où la culture entrepreneuriale de l’ensemble du personnel s’avère une garantie pour assurer la performance de l’entreprise, étant donné que la culture entrepreneuriale est considérée comme des valeurs positives partagées par l’ensemble du personnel au sens de la création ou du développement de l’entreprise. elle est également un facteur extrinsèque pour développer une entreprise dans la mesure où elle se ramifie facilement dans le milieu ou dans la région une fois que les conditions de son épanouissement y sont présentes. les performances d’une entreprise peuvent s’expliquer par les relations entre les structures (s) et les comportements (c) des firmes (mason, 1939) ainsi que par la culture entrepreneuriale de l’entrepreneur favorisée par le développement de l’intensité entrepreneuriale de son milieu. a ce titre, l’hypothèse de base de cette recherche, partant de la réflexion de paul fortin (2002), est empiriquement validée. en effet, la culture entrepreneuriale d’un milieu génère des comportements qui seraient adoptés implicitement par les entrepreneurs opérationnels ou futurs dans ce milieu. par ailleurs, force est de constater que l’efficacité de la culture entrepreneuriale d’un milieu pour la performance des entreprises qui s’y installent, n’est plus à discuter. le renforcement de l’attractivité entrepreneuriale est un moyen pour la développer. ce qui explique le niveau élevé d’intensité entrepreneuriale de la région d’analamanga grâce à l’importance de son attractivité entrepreneuriale et à l’efficacité de ses instruments d’accueil. pour les deux autres régions, vakinankaratra et matsiatra ambony, la validité des deux hypothèses h1 et h2 reste discutable, car la culture entrepreneuriale d’un entrepreneur ne dépend pas forcément ou uniquement de l’intensité entrepreneuriale de son milieu, et en plus, elle ne constituerait pas nécessairement un facteur pour influencer la performance de son entreprise.l’industrie malgache souffre d’une grave carence en développement depuis l’indépendance en 1960, et ce, malgré la volonté des opérateurs d’aller de l’avant dans la promotion du secteur. cette carence peut s’expliquer de plusieurs manières selon l’angle de vue ou d’analyse auquel on veut se situer. le problème du développement de l’industrie est systémique pour certains économistes, politique, culturel ou managérial pour d’autres. cette recherche analyse ce problème au plan culturel, et elle trouve que l’absence de la culture entrepreneuriale des malgaches sous-tend la non performance du secteur industriel. l’enquête montre que la performance de l’ensemble des industries agroalimentaires des trois régions de recherche se situe en dessous de la moyenne, et ce, malgré le fait que la branche industrielle agroalimentaire à madagascar se trouve en tête en termes de ca réalisés (30%) et part de pib (40%) en 2005. on peut dire que le pourcentage très élevé de la population agricole ne justifie pas le rendement du secteur agroalimentaire dans l’économie du pays, alors qu’avec la crise alimentaire qui prévaut actuellement sur le plan mondial, madagascar devrait se positionner en tant qu’exportateur de produits industriels alimentaires. il dispose déjà des avantages naturels physico-démographiques pour développer l’agroalimentaire, c’est-à-dire du secteur agricole au secteur industriel agroalimentaire les réalités montrent la prédominance des micro-entreprises agroalimentaires artisanales notamment informelles qui produisent en petite quantité pour les besoins des marchés locaux. ainsi, l’exportation s’avère pratiquement impossible car ces micro-entrepreneurs ne seront pas en mesure de veiller, non seulement, à la bonne gestion de la production en termes de quantité, mais aussi, au respect des normes exigées par les marchés étrangers. de plus, les industries de taille relativement grande sont confrontées à d’autres obstacles entravant le développement du secteur tels que les carences en ressources technologiques et énergétiques, les difficultés du respect des normes, l’étroitesse du marché, l’abondance et à la compétitivité des produits importés, les impôts et redevances trop élevées. pour faire face à ces différents problèmes liés à la croissance du secteur industriel malgache, il y lieu d’apporter des solutions fondées sur la politique de développement endogène qui se crée grâce aux efforts particuliers et harmonieux des citoyens par la valorisation et l’exploitation des ressources dont dispose leur région. pour ce faire, il est proposé un modèle de développement de la culture entrepreneuriale (dce) au niveau de chaque région qui a pour objectif de multiplier les opportunités incitant les jeunes à créer des entreprises et en faire une carrière professionnelle. la figure 20 met en évidence l’existence d’une plateforme réunissant les acteurs de dce, garant de l’applicabilité et de l’efficacité du modèle. ces acteurs sont composés des différentes organisations publiques et privées ayant chacune un rôle déterminant dans la réussite du dce dans la région. on peut citer, notamment, les représentants des ministères du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, le chef de la région, les maires et les conseillers municipaux de la région, les représentants des eglises, les représentants des ray aman-dreny (notables) ; les représentants des établissements scolaires, les représentants des institutions financières (banques et micro-finances), les médias, la chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture, les représentants des groupements des entreprises, les représentants des associations et ong œuvrant dans le développement du secteur privé, les représentants des bailleurs de fonds de la région. pour la mise en œuvre du modèle, les stratégies basées sur les trois activités suivantes sont préconisées : (1) travailler au démarrage sur cinq régions pilotes pendant cinq années ; (2) mettre en place une plateforme réunissant les différents acteurs de dce dans chaque région ; (3) fonctionner selon le principe copce (concertation, organisation, planification, contrôle et evaluation). les réalités malgaches font que les autorités locales, supposées développer leur région respective, oublient leur mission principale et se trouvent perturbées par des problèmes politiques passagers mais répétitifs comme la préparation de l’élection, la propagande, la mobilisation de la population à adhérer à une quelconque opinion politique. cette façon d’agir au niveau des différentes régions de madagascar ne fait que ralentir la croissance économique et notamment celle de l’industrie et développe ainsi la culture de dépendance chez la population en général. il faut dire que le secteur agroalimentaire constitue un socle pour l’économie malgache, mais il souffre encore de manque de moyens, d’organisation et de professionnalisation des acteurs. il doit bénéficier de programmes susceptibles d’organiser le management de production pour pouvoir développer les exportations lesquelles imposent la parfaite maîtrise de la traçabilité des productions. la figure 23 ci-après propose une division de travail pour développer le secteur industriel à madagascar dont la mise en œuvre pourrait faire l’objet d’une recherche particulière. pour terminer, la réussite du dce et le bon fonctionnement de cette division de travail, illustrée par cette figure 23, dépendent de la motivation, de l’intérêt et de la disponibilité des différents acteurs à s’impliquer davantage dans la mise en œuvre des différentes actions concertées et programmées. les actions s’organisent autour de trois axes suivants, à savoir, d’abord, l’axe « incitation » ayant comme objectif d’inciter ou de motiver les porteurs de projets, les créateurs d’entreprises et les entrepreneurs opérationnels à réaliser leurs projets de création ou de développement, puis l’axe « education » visant à renforcer les liens entre les établissements d’enseignement et les entreprises, et à promouvoir l’esprit d’entreprendre chez les citoyens et surtout chez les jeunes, et enfin, l’axe « sensibilisation » consistant à informer et à mobiliser les citoyens de la région sur l’importance de l’entrepreneuriat en tant que créateur de richesses et d’emplois

Mots cles

culture entrepreneuriale secteur industriel industries agroalimentaires intensite entrepreneuriale performance industrielle economie malgache crises politiques entrepreneurs operationnels