la culture entrepreneuriale dans la logique de la performance industrielle : cas des industries agroalimentaires à madagascar
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie - nan - None ()
Resume
lhomme pense à dieu quand il traverse une période difficile et à lentreprise quand le pays traverse une crise, alors que les deux étaient toujours là. a la différence de dieu, le problème est que lentreprise tomberait en crise avec le pays si elle nétait pas entretenue convenablement durant la période propice. cest le moins quon puisse dire quand on aborde les questions des entreprises dans les pays en développement comme madagascar. tout le monde est conscient de limportance de les promouvoir, mais les actions menées ne sont pas à la hauteur de la politique de développement escomptée. les résultats font que léconomie malgache demeure toujours à laffût de la politique politicienne. avec les crises politiques cycliques prévalant à madagascar depuis son indépendance, léconomie na jamais eu une croissance stable et durable pour développer le pays. est-ce un problème de culture politique ou de culture entrepreneuriale ? alors que si lon fait référence à la définition étymologique du politique « art dadministrer la cité », les deux cultures, au lieu de sopposer devraient simbriquer cette recherche déduit que la culture entrepreneuriale des malgaches en général semble être insuffisante pour développer lentrepreneuriat à madagascar ainsi que pour atténuer sinon affronter les effets néfastes des aléas des crises politiques. il est vrai que le concept de culture entrepreneuriale est encore nouveau dans le monde des affaires surtout dans les pays en développement, mais son importance savère indiscutable pour développer lentrepreneuriat dans un milieu. il est important de signaler que lentrepreneuriat et la culture entrepreneuriale sont deux concepts interdépendants, et que le développement de lun entraîne naturellement la promotion de lautre. la question principale au cur de la problématique de cette recherche se situe au niveau du degré dimportance de la culture entrepreneuriale dans la détermination des performances dune entreprise. en effet, la culture entrepreneuriale sobserve à la fois comme des facteurs intrinsèques et extrinsèques à lentreprise pour développer sa performance. intrinsèque dans le sens où la culture entrepreneuriale de lensemble du personnel savère une garantie pour assurer la performance de lentreprise, étant donné que la culture entrepreneuriale est considérée comme des valeurs positives partagées par lensemble du personnel au sens de la création ou du développement de lentreprise. elle est également un facteur extrinsèque pour développer une entreprise dans la mesure où elle se ramifie facilement dans le milieu ou dans la région une fois que les conditions de son épanouissement y sont présentes. les performances dune entreprise peuvent sexpliquer par les relations entre les structures (s) et les comportements (c) des firmes (mason, 1939) ainsi que par la culture entrepreneuriale de lentrepreneur favorisée par le développement de lintensité entrepreneuriale de son milieu. a ce titre, lhypothèse de base de cette recherche, partant de la réflexion de paul fortin (2002), est empiriquement validée. en effet, la culture entrepreneuriale dun milieu génère des comportements qui seraient adoptés implicitement par les entrepreneurs opérationnels ou futurs dans ce milieu. par ailleurs, force est de constater que lefficacité de la culture entrepreneuriale dun milieu pour la performance des entreprises qui sy installent, nest plus à discuter. le renforcement de lattractivité entrepreneuriale est un moyen pour la développer. ce qui explique le niveau élevé dintensité entrepreneuriale de la région danalamanga grâce à limportance de son attractivité entrepreneuriale et à lefficacité de ses instruments daccueil. pour les deux autres régions, vakinankaratra et matsiatra ambony, la validité des deux hypothèses h1 et h2 reste discutable, car la culture entrepreneuriale dun entrepreneur ne dépend pas forcément ou uniquement de lintensité entrepreneuriale de son milieu, et en plus, elle ne constituerait pas nécessairement un facteur pour influencer la performance de son entreprise.lindustrie malgache souffre dune grave carence en développement depuis lindépendance en 1960, et ce, malgré la volonté des opérateurs daller de lavant dans la promotion du secteur. cette carence peut sexpliquer de plusieurs manières selon langle de vue ou danalyse auquel on veut se situer. le problème du développement de lindustrie est systémique pour certains économistes, politique, culturel ou managérial pour dautres. cette recherche analyse ce problème au plan culturel, et elle trouve que labsence de la culture entrepreneuriale des malgaches sous-tend la non performance du secteur industriel. lenquête montre que la performance de lensemble des industries agroalimentaires des trois régions de recherche se situe en dessous de la moyenne, et ce, malgré le fait que la branche industrielle agroalimentaire à madagascar se trouve en tête en termes de ca réalisés (30%) et part de pib (40%) en 2005. on peut dire que le pourcentage très élevé de la population agricole ne justifie pas le rendement du secteur agroalimentaire dans léconomie du pays, alors quavec la crise alimentaire qui prévaut actuellement sur le plan mondial, madagascar devrait se positionner en tant quexportateur de produits industriels alimentaires. il dispose déjà des avantages naturels physico-démographiques pour développer lagroalimentaire, cest-à-dire du secteur agricole au secteur industriel agroalimentaire les réalités montrent la prédominance des micro-entreprises agroalimentaires artisanales notamment informelles qui produisent en petite quantité pour les besoins des marchés locaux. ainsi, lexportation savère pratiquement impossible car ces micro-entrepreneurs ne seront pas en mesure de veiller, non seulement, à la bonne gestion de la production en termes de quantité, mais aussi, au respect des normes exigées par les marchés étrangers. de plus, les industries de taille relativement grande sont confrontées à dautres obstacles entravant le développement du secteur tels que les carences en ressources technologiques et énergétiques, les difficultés du respect des normes, létroitesse du marché, labondance et à la compétitivité des produits importés, les impôts et redevances trop élevées. pour faire face à ces différents problèmes liés à la croissance du secteur industriel malgache, il y lieu dapporter des solutions fondées sur la politique de développement endogène qui se crée grâce aux efforts particuliers et harmonieux des citoyens par la valorisation et lexploitation des ressources dont dispose leur région. pour ce faire, il est proposé un modèle de développement de la culture entrepreneuriale (dce) au niveau de chaque région qui a pour objectif de multiplier les opportunités incitant les jeunes à créer des entreprises et en faire une carrière professionnelle. la figure 20 met en évidence lexistence dune plateforme réunissant les acteurs de dce, garant de lapplicabilité et de lefficacité du modèle. ces acteurs sont composés des différentes organisations publiques et privées ayant chacune un rôle déterminant dans la réussite du dce dans la région. on peut citer, notamment, les représentants des ministères du commerce, de lindustrie et de lagriculture, le chef de la région, les maires et les conseillers municipaux de la région, les représentants des eglises, les représentants des ray aman-dreny (notables) ; les représentants des établissements scolaires, les représentants des institutions financières (banques et micro-finances), les médias, la chambre de commerce, dindustrie et dagriculture, les représentants des groupements des entreprises, les représentants des associations et ong uvrant dans le développement du secteur privé, les représentants des bailleurs de fonds de la région. pour la mise en uvre du modèle, les stratégies basées sur les trois activités suivantes sont préconisées : (1) travailler au démarrage sur cinq régions pilotes pendant cinq années ; (2) mettre en place une plateforme réunissant les différents acteurs de dce dans chaque région ; (3) fonctionner selon le principe copce (concertation, organisation, planification, contrôle et evaluation). les réalités malgaches font que les autorités locales, supposées développer leur région respective, oublient leur mission principale et se trouvent perturbées par des problèmes politiques passagers mais répétitifs comme la préparation de lélection, la propagande, la mobilisation de la population à adhérer à une quelconque opinion politique. cette façon dagir au niveau des différentes régions de madagascar ne fait que ralentir la croissance économique et notamment celle de lindustrie et développe ainsi la culture de dépendance chez la population en général. il faut dire que le secteur agroalimentaire constitue un socle pour léconomie malgache, mais il souffre encore de manque de moyens, dorganisation et de professionnalisation des acteurs. il doit bénéficier de programmes susceptibles dorganiser le management de production pour pouvoir développer les exportations lesquelles imposent la parfaite maîtrise de la traçabilité des productions. la figure 23 ci-après propose une division de travail pour développer le secteur industriel à madagascar dont la mise en uvre pourrait faire lobjet dune recherche particulière. pour terminer, la réussite du dce et le bon fonctionnement de cette division de travail, illustrée par cette figure 23, dépendent de la motivation, de lintérêt et de la disponibilité des différents acteurs à simpliquer davantage dans la mise en uvre des différentes actions concertées et programmées. les actions sorganisent autour de trois axes suivants, à savoir, dabord, laxe « incitation » ayant comme objectif dinciter ou de motiver les porteurs de projets, les créateurs dentreprises et les entrepreneurs opérationnels à réaliser leurs projets de création ou de développement, puis laxe « education » visant à renforcer les liens entre les établissements denseignement et les entreprises, et à promouvoir lesprit dentreprendre chez les citoyens et surtout chez les jeunes, et enfin, laxe « sensibilisation » consistant à informer et à mobiliser les citoyens de la région sur limportance de lentrepreneuriat en tant que créateur de richesses et demplois