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les determinants et les impacts de l'investissement direct etranger en afrique subsaharienne : cas de madagascar en particulier

Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie - nan - None ()

Auteur : lazamanana andré pierre

Annee de soutenance : 2012

Diplome : DOCTORAT

Langue : FR

Resume

un investissement direct étranger désigne les investissements qu’une entité résidente d’une économie (investisseur direct) effectue dans le but d’acquérir un intérêt durable dans une entreprise résidente d’une autre économie (l’entreprise d’investissement direct). il se caractérise par l’existence d’une relation de long terme entre l’investisseur direct et l’entreprise investie dans le pays d’accueil et par l’influence significative que l’investisseur exerce sur la gestion de l’entreprise. c’est le phénomène d’internationalisation des activités des firmes qui se trouve à l’origine de l’investissement direct étranger de sorte que ce sont les firmes multinationales qui apportent l’ide dans les pays d’accueil, précisément dans les entreprises d’investissement direct. les approches théoriques sur les déterminants de l’investissement direct étranger ont été initiées par différents courants de pensée économique. l’internationale internationale a suggéré l’approche de la multinationalisation qui repose sur les avantages comparatifs que présentent les divers pays d’accueil notamment le prix de facteurs de production et la demande sur le marché local d’implantation. l’économie industrielle a apporté la théorie du cycle international de vie du produit nouveau pour expliquer la multinationalisation des activités des firmes. mais l’approche la plus dominante sur les déterminants de l’ide est l’approche éclectique qui stipule qu’une firme décide de s’implanter à l’étranger si trois types d’avantages sont réunis : les avantages spécifiques d’une firme, les avantages spécifiques des pays et les avantages de l’internalisation ou le paradigme oli. en somme, nous distinguons principalement quatre stratégies pour expliquer les motivations des firmes à exercer à l’étranger : la stratégie d’accès aux ressources naturelles, la stratégie d’accès au marché local d’implantation, la stratégie de minimisation des coûts et la stratégie de partenariat. sur la question des impacts dans les pays d’accueil, l’investissement direct étranger entretient la croissance économique grâce à la réduction des coûts liés à l’introduction d’un nouveau type de capital et à l’accélération du taux d’accumulation qui s’en suit. il existe un transfert de technologies venant des pays d’origine des firmes multinationales qui se propagent vers les entreprises locales au travers d’externalités positives. en effet, une amélioration de la productivité est enregistrée dans les firmes du pays d’accueil quand les firmes étrangères entrent sur les marchés locaux, apportent des technologies nouvelles, et forment les travailleurs et les dirigeants qui seront embauchés plus tard par les firmes locales. mais il est aussi stipulé que le stock de capital humain est primordial pour que les impacts de l’ide sur la croissance soient significatifs. les modèles théoriques que nous avons mis en avant dans le cadre de ce travail de recherche ont essayé de renforcer la compréhension du concept de l’investissement direct étranger, de ses déterminants et de ses impacts dans les pays d’accueil en tenant particulièrement compte des spécificités socio-économiques de ces derniers. en occurrence, le modèle théorique sur les facteurs déterminants de l’investissement direct étranger que nous avons développé permet de mieux comprendre les motifs de localisation des activités des firmes multinationales qui reposent sur les coûts liés au commerce et les opportunités de marché local à l’étranger et surtout le risque-pays. ce modèle théorique détermine le seuil de rentabilité de l’investissement direct étranger à travers le calcul du profit optimal selon la stratégie d’internationalisation de la firme multinationale en mettant bien avant le rôle du risque- pays dans le choix de localisation des activités des firmes multinationales. l’analyse du climat d’investissement en afrique subsaharienne a permis de montrer que les politiques restrictives face à l’entrée des investissements directs étrangers dans cette partie du monde ont progressivement fait place à des politiques d’attractivité de plus en plus accueillantes envers les firmes multinationales, dans un contexte de politiques économiques plus libérales sur l’environnement juridique et institutionnel, le système éducatif, le tissu industriel et les caractéristiques du marché dans cette partie du monde. en outre, l’étude empirique des facteurs déterminants de l’investissement direct étranger en afrique subsaharienne et de madagascar en particulier, a permis de distinguer le groupe des pays qui contient madagascar, bénin, cameroun, kenya, guinée, malawi, nigéria, rwanda, togo, sierra-léone, guinée qui sont caractérisés par une faiblesse du taux de valeur ajoutée industrielle, du taux d’ouverture extérieure et du pib par habitant, un niveau moyen du taux de croissance économique et un taux de scolarité relativement élevé. par ailleurs, l’indice multidimensionnel du risque- pays, calculé selon une méthodologie que nous avons suggérée place l’ile maurice en tête de classement en tant que pays le moins risqué dans la zone de l’afrique subsaharienne et madagascar en treizième position parmi les 37 pays de la zone considérés. de plus, l’estimation économétrique indique que le principal facteur déterminant l’afflux des investissements directs étrangers en afrique subsaharienne est la taille du marché local des pays hôtes. le taux de valeur ajoutée industrielle et le taux des dépenses publiques se révèlent aussi significatifs et favorables dans l’attraction de l’investissement direct étranger dans la zone.par contre, l’instabilité politique et le taux de change exercent une influence négative. tenant compte de ces résultats, un certain nombre de suggestions de recommandations peuvent être formulées en matière de mesures d’attraction des flux d’investissement direct étranger dans la zone de l’afrique subsaharienne et à madagascar en particulier. principalement,elles concernent : · le renforcement de la qualification de la main d’oeuvre locale en procurant les formations adéquates pour pouvoir répondre aux besoins en compétencesspécifiques des investisseurs directs étrangers dans chaque secteur d’activités;· l’amplification et la concrétisation des politiques de promotion des investissements domestiques car l’instauration de la zone franche constitue en fait une première étape mais les investissements locaux doivent pouvoir suivre, et éventuellement prendre la relève afin de créer un véritable tissu industriel pouvant satisfaire la production à grande échelle des firmes multinationales;· le raffermissement des politiques d’ouverture en promouvant les produits tournés vers l’exportation ; · le renforcement de la capacité d’apprentissage du pays ; · l’intervention de l’etat notamment pour instaurer et améliorer les infrastructures ; · le développement des exportations non traditionnelles pour la diversification de l’économie ; · l’instauration d’un cadre juridique stable, fiable et clair pour assainir le climat d’investissement dans le pays en allégeant les procédures administratives pour la création d’entreprise et en sécurisant le retour sur investissement entre autres. par ailleurs, l’analyse empirique des effets de l’investissement direct étranger à madagascar nécessite que l’ampleur de la productivité, réalisée par les entreprises d’investissement direct étranger soit estimée par le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée ou encore le taux de valeur ajoutée et aussi par la productivité apparente du travail. ainsi, en se référant au chiffre d’affaires, le montant total a été de 3748 milliards d’ariary en 2010 dans les entreprises d’ide à madagascar. et la valeur ajoutée, réalisée au sein des entreprises d’investissement direct étranger a atteint 939 milliards d’ariary pour la même année. la répartition de la valeur ajoutée selon la branche d’activités montre que ce sont les entreprises d’ide exerçant dans les activités financières qui sont les plus productives en 2010 en réalisant 27,7% de la valeur ajouté totale. viennent ensuite les branches d’activités « construction et btp », « activités de fabrication », « télécommunication » et « immobilier et services aux entreprises » en représentant respectivement, 14,8% ; 14,7% ; 12,4% et 9,4% de la valeur ajoutée totale, réalisée dans les entreprises à capitaux étrangers à madagascar. quoique sa part ait augmenté entre 2005 et 2010, la branche « agriculture et élevage » reste la moins productive parmi les branches d’activités où les entreprises à capitaux étrangers exercent à madagascar. et les entreprises de la branche « activités extractives » n’ont généré que 2,2% de la valeur ajoutée totale dans ce type d’entreprises en 2010. en se référant à la productivité apparente du travail qui exprime le montant de la valeur ajoutée réalisé par un travailleur au sein des entreprises à capitaux étrangers, elle s’est élevée à 15 millions d’ariary en moyenne en 2010. nous avons pu avancer que les théories sur les effets de l’investissement direct étranger pour le renforcement des capacités des travailleurs et donc en faveur du capital humain se confirment pour le cas de madagascar dans la mesure où les entreprises d’investissement direct étranger apportent non seulement des flux financiers mais aussi des compétences, de savoir-faire, de technologies qu’elles transfèrent à leurs employés locaux. en effet, la formation sur le tas au quotidien au sein même de l’entreprise d’investissement direct étranger ou dans d’autres institutions de formation tant au niveau national qu’international permet aux travailleurs locaux d’acquérir les compétences nécessaires qui peuvent être utilisés plus tard dans d’autres entreprises locales qui les embaucheront. en fait, dans les entreprises d’ide du secteur pétrolier, les employés techniques cadres du secteur amont doivent se doter, d’une manière générale, d’une expérience appropriée et d’une connaissance solide du secteur. quant aux employés administratifs cadres, ils doivent avoir suivi des formations universitaires/supérieures dans les domaines de sciences politiques, juridiques, sciences économiques, ressources humaines, commerce, finances, ou toute autre formation équivalente. au niveau du secteur pétrolier aval, les entreprises exigent un certain niveau d’expériences vis – à – vis des nouvelles recrues et généralement, elles sont plus exigeantes envers les non- cadres que les cadres. en effet, les non cadres doivent avoir une expérience plus d’un an pour pouvoir être recrutés dans l’aval pétrolier malgache alors que les cadres peuvent obtenir des emplois même avec une expérience moins d’un an. ces exigences montrent que les entreprises d’ide du secteur pétrolier cherchent à être productives et elles participent ainsi à la croissance économique du pays. de plus, la part relative de l’investissement direct étranger par rapport au produit intérieur brut a commencé à être effective à partir de 2006 en s’élevant à 5% grâce aux diverses mesures d’incitation aux cours des années 1990. les faits observés sur les interactions entre l’investissement direct étranger et l’investissement domestique à madagascar confirment les théories sur la question parce que l’investissement national a commencé à prendre de l’ampleur (en dépassant les 20%) quand l’arrivée des flux d’ide dans le pays est devenue effective au cours de la première moitié des années 2000 dans le pays. un lien positif existe donc entre la présence de l’investissement direct étranger et le montant d’investissement national. en outre, en effectuant l’analyse des emplois nouvellement créés dans les entreprises d’investissement étranger à madagascar, nous avons explicité que c’est la branche des activités extractives qui crée le plus d’emplois en 2010 en comportant la part la plus importante par rapport au total des emplois créés dans les entreprises d’investissement étranger, qui s’élève à 24,8%. ces emplois nouvellement créés permettent d’accroitre la productivité de ces entreprises et dans une large mesure de l’économie toute entière grâce aux relations de production et d’échanges avec les autres agents économiques. or la hausse de la productivité signifie que le produit intérieur brut augmente. et la croissance économique est favorable à la réduction de la pauvreté à madagascar. limite de l’étude etant donné que le concept de l’investissement direct étranger possède de multiples aspects qui expliquent d’ailleurs l’existence des diverses approches théoriques notamment sur la question de la multinationalisation, il se révèle difficile de réaliser le choix de l’approche à adopter tant sur la définition même que sur les politiques économiques relatives aux déterminants de l’investissement direct étranger. justement, nous précisons que les différentes approches théoriques sur le phénomène de la multinationalisation pour expliquer les facteurs déterminants de l’investissement direct étranger portent plutôt sur les motifs vus du côté des pays d’origine des firmes multinationales et elles sont surtout formulées pour permettre aux firmes multinationales de faire un choix optimal dans les décisions de localisation de leurs activités à l’étranger. ainsi, ces conceptions sont-elles initiées en faveur des firmes multinationales qui cherchent surtout à connaitre leurs avantages et les facteurs qui peuvent les maximiser. donc il est vrai que ces approches se trouvent à la base de l’existence même des investissements directs étrangers dans les pays d’accueil notamment en développement mais elles ont comme objectif de servir les causes des firmes multinationales qui viennent, en général, des pays industrialisés à économie de marché. a titre d’illustration, l’approche éclectique sur le paradigme oli qui est l’approche la plus dominante, rappelons-le, pour expliquer le phénomène de la multinationalisation stipule qu’une firme décide de s’implanter à l’étranger si trois types d’avantages sont réunis : les avantages spécifiques d’une firme, les avantages spécifiques des pays et les avantages de l’internalisation. il s’agit d’une liste d’avantages qui vont permettre de garantir le retour sur investissement de la firme multinationale. des questions de principe s’imposent d’elles même : comment concilier les exigences des firmes multinationales dans l’attraction des flux d’investissements directs étrangers et les stratégies de développement des pays d’accueil ? existe-t-il des seuils d’acceptabilité de ces exigences ? ou faut-il juste encourager l’arrivée des capitaux étrangers pour remédier à l’insuffisance de l’épargne intérieure dans les pays d’accueil en développement notamment de l’afrique subsaharienne ? par ailleurs, dans l’analyse des impacts des flux d’investissement direct étranger, l’étude a été surtout focalisée sur les effets macroéconomiques en se référant à la valeur ajoutée au niveau national, l’investissement national, la réduction de la pauvreté à travers les emplois créés dans les entreprises d’ide. mais elle n’a pas permis de mettre en avant des analyses de cas spécifiques,pointues et détaillées quoiqu’elle a apporté des explications sur les retombées des flux d’investissement direct étranger dans le secteur pétrolier à madagascar dont les précisions peuvent encore être améliorées. par exemple, les contributions des investissements directs étrangers sur l’amélioration des infrastructures (y compris sociales) du pays d’accueil, sur les recettes budgétaires ou les revenus fiscaux, et sur les technologies transférées, la productivité et le capital humain en termes d’effets d’apprentissage dans des secteurs prioritaires de l’économie d’accueil méritent d’être explicitées en profondeur, notamment les impacts environnementaux quand les investissements directs étrangers réalisés pourraient transformer l’environnement. de plus, l’analyse n’a abordé, en général que le cas de madagascar en particulier mais n’a pas englobé la zone de l’afrique subsaharienne sur la question des impacts de l’ide. en outre, l’insuffisance des séries temporelles sur les variables que nous avons considérées n’a pas permis d’effectuer les estimations avec des données plus récentes. et comme il a été mentionné précédemment, l’analyse des impacts des flux entrants d’investissement direct étranger a tendance à être trop descriptive faute de données complètes.

Mots cles

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