les determinants et les impacts de l'investissement direct etranger en afrique subsaharienne : cas de madagascar en particulier
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie - nan - None ()
Resume
un investissement direct étranger désigne les investissements quune entité résidente dune économie (investisseur direct) effectue dans le but dacquérir un intérêt durable dans une entreprise résidente dune autre économie (lentreprise dinvestissement direct). il se caractérise par lexistence dune relation de long terme entre linvestisseur direct et lentreprise investie dans le pays daccueil et par linfluence significative que linvestisseur exerce sur la gestion de lentreprise. cest le phénomène dinternationalisation des activités des firmes qui se trouve à lorigine de linvestissement direct étranger de sorte que ce sont les firmes multinationales qui apportent lide dans les pays daccueil, précisément dans les entreprises dinvestissement direct. les approches théoriques sur les déterminants de linvestissement direct étranger ont été initiées par différents courants de pensée économique. linternationale internationale a suggéré lapproche de la multinationalisation qui repose sur les avantages comparatifs que présentent les divers pays daccueil notamment le prix de facteurs de production et la demande sur le marché local dimplantation. léconomie industrielle a apporté la théorie du cycle international de vie du produit nouveau pour expliquer la multinationalisation des activités des firmes. mais lapproche la plus dominante sur les déterminants de lide est lapproche éclectique qui stipule quune firme décide de simplanter à létranger si trois types davantages sont réunis : les avantages spécifiques dune firme, les avantages spécifiques des pays et les avantages de linternalisation ou le paradigme oli. en somme, nous distinguons principalement quatre stratégies pour expliquer les motivations des firmes à exercer à létranger : la stratégie daccès aux ressources naturelles, la stratégie daccès au marché local dimplantation, la stratégie de minimisation des coûts et la stratégie de partenariat. sur la question des impacts dans les pays daccueil, linvestissement direct étranger entretient la croissance économique grâce à la réduction des coûts liés à lintroduction dun nouveau type de capital et à laccélération du taux daccumulation qui sen suit. il existe un transfert de technologies venant des pays dorigine des firmes multinationales qui se propagent vers les entreprises locales au travers dexternalités positives. en effet, une amélioration de la productivité est enregistrée dans les firmes du pays daccueil quand les firmes étrangères entrent sur les marchés locaux, apportent des technologies nouvelles, et forment les travailleurs et les dirigeants qui seront embauchés plus tard par les firmes locales. mais il est aussi stipulé que le stock de capital humain est primordial pour que les impacts de lide sur la croissance soient significatifs. les modèles théoriques que nous avons mis en avant dans le cadre de ce travail de recherche ont essayé de renforcer la compréhension du concept de linvestissement direct étranger, de ses déterminants et de ses impacts dans les pays daccueil en tenant particulièrement compte des spécificités socio-économiques de ces derniers. en occurrence, le modèle théorique sur les facteurs déterminants de linvestissement direct étranger que nous avons développé permet de mieux comprendre les motifs de localisation des activités des firmes multinationales qui reposent sur les coûts liés au commerce et les opportunités de marché local à létranger et surtout le risque-pays. ce modèle théorique détermine le seuil de rentabilité de linvestissement direct étranger à travers le calcul du profit optimal selon la stratégie dinternationalisation de la firme multinationale en mettant bien avant le rôle du risque- pays dans le choix de localisation des activités des firmes multinationales. lanalyse du climat dinvestissement en afrique subsaharienne a permis de montrer que les politiques restrictives face à lentrée des investissements directs étrangers dans cette partie du monde ont progressivement fait place à des politiques dattractivité de plus en plus accueillantes envers les firmes multinationales, dans un contexte de politiques économiques plus libérales sur lenvironnement juridique et institutionnel, le système éducatif, le tissu industriel et les caractéristiques du marché dans cette partie du monde. en outre, létude empirique des facteurs déterminants de linvestissement direct étranger en afrique subsaharienne et de madagascar en particulier, a permis de distinguer le groupe des pays qui contient madagascar, bénin, cameroun, kenya, guinée, malawi, nigéria, rwanda, togo, sierra-léone, guinée qui sont caractérisés par une faiblesse du taux de valeur ajoutée industrielle, du taux douverture extérieure et du pib par habitant, un niveau moyen du taux de croissance économique et un taux de scolarité relativement élevé. par ailleurs, lindice multidimensionnel du risque- pays, calculé selon une méthodologie que nous avons suggérée place lile maurice en tête de classement en tant que pays le moins risqué dans la zone de lafrique subsaharienne et madagascar en treizième position parmi les 37 pays de la zone considérés. de plus, lestimation économétrique indique que le principal facteur déterminant lafflux des investissements directs étrangers en afrique subsaharienne est la taille du marché local des pays hôtes. le taux de valeur ajoutée industrielle et le taux des dépenses publiques se révèlent aussi significatifs et favorables dans lattraction de linvestissement direct étranger dans la zone.par contre, linstabilité politique et le taux de change exercent une influence négative. tenant compte de ces résultats, un certain nombre de suggestions de recommandations peuvent être formulées en matière de mesures dattraction des flux dinvestissement direct étranger dans la zone de lafrique subsaharienne et à madagascar en particulier. principalement,elles concernent : · le renforcement de la qualification de la main doeuvre locale en procurant les formations adéquates pour pouvoir répondre aux besoins en compétencesspécifiques des investisseurs directs étrangers dans chaque secteur dactivités;· lamplification et la concrétisation des politiques de promotion des investissements domestiques car linstauration de la zone franche constitue en fait une première étape mais les investissements locaux doivent pouvoir suivre, et éventuellement prendre la relève afin de créer un véritable tissu industriel pouvant satisfaire la production à grande échelle des firmes multinationales;· le raffermissement des politiques douverture en promouvant les produits tournés vers lexportation ; · le renforcement de la capacité dapprentissage du pays ; · lintervention de letat notamment pour instaurer et améliorer les infrastructures ; · le développement des exportations non traditionnelles pour la diversification de léconomie ; · linstauration dun cadre juridique stable, fiable et clair pour assainir le climat dinvestissement dans le pays en allégeant les procédures administratives pour la création dentreprise et en sécurisant le retour sur investissement entre autres. par ailleurs, lanalyse empirique des effets de linvestissement direct étranger à madagascar nécessite que lampleur de la productivité, réalisée par les entreprises dinvestissement direct étranger soit estimée par le chiffre daffaires et la valeur ajoutée ou encore le taux de valeur ajoutée et aussi par la productivité apparente du travail. ainsi, en se référant au chiffre daffaires, le montant total a été de 3748 milliards dariary en 2010 dans les entreprises dide à madagascar. et la valeur ajoutée, réalisée au sein des entreprises dinvestissement direct étranger a atteint 939 milliards dariary pour la même année. la répartition de la valeur ajoutée selon la branche dactivités montre que ce sont les entreprises dide exerçant dans les activités financières qui sont les plus productives en 2010 en réalisant 27,7% de la valeur ajouté totale. viennent ensuite les branches dactivités « construction et btp », « activités de fabrication », « télécommunication » et « immobilier et services aux entreprises » en représentant respectivement, 14,8% ; 14,7% ; 12,4% et 9,4% de la valeur ajoutée totale, réalisée dans les entreprises à capitaux étrangers à madagascar. quoique sa part ait augmenté entre 2005 et 2010, la branche « agriculture et élevage » reste la moins productive parmi les branches dactivités où les entreprises à capitaux étrangers exercent à madagascar. et les entreprises de la branche « activités extractives » nont généré que 2,2% de la valeur ajoutée totale dans ce type dentreprises en 2010. en se référant à la productivité apparente du travail qui exprime le montant de la valeur ajoutée réalisé par un travailleur au sein des entreprises à capitaux étrangers, elle sest élevée à 15 millions dariary en moyenne en 2010. nous avons pu avancer que les théories sur les effets de linvestissement direct étranger pour le renforcement des capacités des travailleurs et donc en faveur du capital humain se confirment pour le cas de madagascar dans la mesure où les entreprises dinvestissement direct étranger apportent non seulement des flux financiers mais aussi des compétences, de savoir-faire, de technologies quelles transfèrent à leurs employés locaux. en effet, la formation sur le tas au quotidien au sein même de lentreprise dinvestissement direct étranger ou dans dautres institutions de formation tant au niveau national quinternational permet aux travailleurs locaux dacquérir les compétences nécessaires qui peuvent être utilisés plus tard dans dautres entreprises locales qui les embaucheront. en fait, dans les entreprises dide du secteur pétrolier, les employés techniques cadres du secteur amont doivent se doter, dune manière générale, dune expérience appropriée et dune connaissance solide du secteur. quant aux employés administratifs cadres, ils doivent avoir suivi des formations universitaires/supérieures dans les domaines de sciences politiques, juridiques, sciences économiques, ressources humaines, commerce, finances, ou toute autre formation équivalente. au niveau du secteur pétrolier aval, les entreprises exigent un certain niveau dexpériences vis à vis des nouvelles recrues et généralement, elles sont plus exigeantes envers les non- cadres que les cadres. en effet, les non cadres doivent avoir une expérience plus dun an pour pouvoir être recrutés dans laval pétrolier malgache alors que les cadres peuvent obtenir des emplois même avec une expérience moins dun an. ces exigences montrent que les entreprises dide du secteur pétrolier cherchent à être productives et elles participent ainsi à la croissance économique du pays. de plus, la part relative de linvestissement direct étranger par rapport au produit intérieur brut a commencé à être effective à partir de 2006 en sélevant à 5% grâce aux diverses mesures dincitation aux cours des années 1990. les faits observés sur les interactions entre linvestissement direct étranger et linvestissement domestique à madagascar confirment les théories sur la question parce que linvestissement national a commencé à prendre de lampleur (en dépassant les 20%) quand larrivée des flux dide dans le pays est devenue effective au cours de la première moitié des années 2000 dans le pays. un lien positif existe donc entre la présence de linvestissement direct étranger et le montant dinvestissement national. en outre, en effectuant lanalyse des emplois nouvellement créés dans les entreprises dinvestissement étranger à madagascar, nous avons explicité que cest la branche des activités extractives qui crée le plus demplois en 2010 en comportant la part la plus importante par rapport au total des emplois créés dans les entreprises dinvestissement étranger, qui sélève à 24,8%. ces emplois nouvellement créés permettent daccroitre la productivité de ces entreprises et dans une large mesure de léconomie toute entière grâce aux relations de production et déchanges avec les autres agents économiques. or la hausse de la productivité signifie que le produit intérieur brut augmente. et la croissance économique est favorable à la réduction de la pauvreté à madagascar. limite de létude etant donné que le concept de linvestissement direct étranger possède de multiples aspects qui expliquent dailleurs lexistence des diverses approches théoriques notamment sur la question de la multinationalisation, il se révèle difficile de réaliser le choix de lapproche à adopter tant sur la définition même que sur les politiques économiques relatives aux déterminants de linvestissement direct étranger. justement, nous précisons que les différentes approches théoriques sur le phénomène de la multinationalisation pour expliquer les facteurs déterminants de linvestissement direct étranger portent plutôt sur les motifs vus du côté des pays dorigine des firmes multinationales et elles sont surtout formulées pour permettre aux firmes multinationales de faire un choix optimal dans les décisions de localisation de leurs activités à létranger. ainsi, ces conceptions sont-elles initiées en faveur des firmes multinationales qui cherchent surtout à connaitre leurs avantages et les facteurs qui peuvent les maximiser. donc il est vrai que ces approches se trouvent à la base de lexistence même des investissements directs étrangers dans les pays daccueil notamment en développement mais elles ont comme objectif de servir les causes des firmes multinationales qui viennent, en général, des pays industrialisés à économie de marché. a titre dillustration, lapproche éclectique sur le paradigme oli qui est lapproche la plus dominante, rappelons-le, pour expliquer le phénomène de la multinationalisation stipule quune firme décide de simplanter à létranger si trois types davantages sont réunis : les avantages spécifiques dune firme, les avantages spécifiques des pays et les avantages de linternalisation. il sagit dune liste davantages qui vont permettre de garantir le retour sur investissement de la firme multinationale. des questions de principe simposent delles même : comment concilier les exigences des firmes multinationales dans lattraction des flux dinvestissements directs étrangers et les stratégies de développement des pays daccueil ? existe-t-il des seuils dacceptabilité de ces exigences ? ou faut-il juste encourager larrivée des capitaux étrangers pour remédier à linsuffisance de lépargne intérieure dans les pays daccueil en développement notamment de lafrique subsaharienne ? par ailleurs, dans lanalyse des impacts des flux dinvestissement direct étranger, létude a été surtout focalisée sur les effets macroéconomiques en se référant à la valeur ajoutée au niveau national, linvestissement national, la réduction de la pauvreté à travers les emplois créés dans les entreprises dide. mais elle na pas permis de mettre en avant des analyses de cas spécifiques,pointues et détaillées quoiquelle a apporté des explications sur les retombées des flux dinvestissement direct étranger dans le secteur pétrolier à madagascar dont les précisions peuvent encore être améliorées. par exemple, les contributions des investissements directs étrangers sur lamélioration des infrastructures (y compris sociales) du pays daccueil, sur les recettes budgétaires ou les revenus fiscaux, et sur les technologies transférées, la productivité et le capital humain en termes deffets dapprentissage dans des secteurs prioritaires de léconomie daccueil méritent dêtre explicitées en profondeur, notamment les impacts environnementaux quand les investissements directs étrangers réalisés pourraient transformer lenvironnement. de plus, lanalyse na abordé, en général que le cas de madagascar en particulier mais na pas englobé la zone de lafrique subsaharienne sur la question des impacts de lide. en outre, linsuffisance des séries temporelles sur les variables que nous avons considérées na pas permis deffectuer les estimations avec des données plus récentes. et comme il a été mentionné précédemment, lanalyse des impacts des flux entrants dinvestissement direct étranger a tendance à être trop descriptive faute de données complètes.