la democratie a l'epreuve du pouvoir politique : du neo-patrimonialisme comme facteur principal du mauvais fonctionnement de la democratie a madagascar ?
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Droit — None ()
Auteur : andriamisainamiharintsoa toavina
Année de soutenance : 2015
Diplome : MASTER 2
Langue : FR
Résumé
une constante tend à se dessiner dans la pratique politique à madagascar, la logique du néo-patrimonialisme comme une manière de gérer le pouvoir étatique. au fil des explications qui ont été présentées, il savère que le néo-patrimonialisme sapparente bel et bien comme une source principale des maux démocratiques à madagascar. cependant, les données manquent pour affirmer quelle est la seule source possible des entraves au bon fonctionnement de la démocratie à madagascar. en évoquant les termes typiquement malagasy, les dirigeants politiques du pays surtout les chefs detat nont jamais su faire la distinction entre « tomponandraikitra » et « tompon-toerana »339. une tendance qui incite à une culture dirresponsabilité générale et à limpunité de ceux qui pillent les richesses du pays. les chefs detat qui se sont succédés ont fait leur du patrimoine national, du bien commun, et des fonds publics, étouffant ainsi le processus de développements et lévolution de la démocratie340. le néo-patrimonialisme qui se manifeste par le présidentialisme, lautoritarisme, la personnalisation du pouvoir et le clientélisme se trouve être un entrave de taille à la démocratie. les chefs detat se sont appropriés les divers instruments de letat341 allant de laccaparement de simples postes administratives jusquà linstrumentalisation de la loi fondamentale de letat la constitution - et annihilent par leurs actions la possibilité dune véritable démocratie. cette dernière se trouve confisquée par quelques personnalités qui veulent être en eux même lincarnation du pouvoir politique. les citoyens, assoiffés de démocratie et de liberté se trouvent dès lors in fine les victimes des desseins personnels de quelques privilégiés. si la démocratie malagasy est ce quelle est aujourdhui, il ne sagit pas en premier lieu de problème de texte ni de structure, il sagit surtout dun problème lié à la culture humaine. selon les termes de pierre bernard et al. (1998)342, « dans cet environnement éminemment mouvant, les citoyens se trouvent bien en peine de disposer des repères nécessaires, ne serait-ce quà la compréhension des enjeux de la vie politique. le contrôle de lappareil detat au profit dune « clientèle » restreinte, qui se traduit trop souvent par des querelles de personnes, devient le moteur principal de lactivité politique, au détriment dune gouvernance démocratique réelle et efficace ». dans cette optique, letat se trouve incapable dassurer le fonctionnement de ses institutions. ces institutions ne répondent ni aux critères essentiels de la séparation des pouvoirs ni aux exigences de respect des droits et libertés fondamentaux343. les comportements restent les mêmes, et comme laffirme certains chercheurs « les gouvernants une fois au pouvoir perpétuent les mêmes pratiques qui ont dégoûté le peuple de leurs prédécesseurs »344, progressivement linstabilité politique trouvera son chemin : - pour la sefafi, « cette mauvaise gouvernance est connue de tous, et les médias y font largement échos. elle détruit la confiance du peuple en ses dirigeants, et les plus beaux discours, loin dy changer quoi que ce soit, ne font quaccroître le doute et la méfiance. les politiques ont-ils conscience de lampleur du fossé qui les sépare des citoyens ? aussi longtemps quils refuseront de reconnaître la réalité de ces dysfonctionnements, et ne sattelleront pas à les réduire, la confiance populaire leur sera refusée, au risque des conséquences que lhistoire nous a enseignées depuis 1972. si la classe politique dans son ensemble et les agents de ladministration savèrent incapable de planifier, de sanctionner, dêtre redevables et davoir un minimum déthique, ils courent à leur perte, entraînant tout le pays dans leur chute. » les faits sont les mêmes, seulement ce sont les têtes qui changent, la vie politique tourne en boucle. le peuple ne choisit pas le bon dirigeant mais le moins mal dentre tous346. le néo-patrimonialisme malagasy affaibli la loi qui de plus suit le rythme de la « morale utilitaire »347 et provoque le désintéressement du peuple à la chose publique. mais il est toujours facile de pointer du doigt, animer la démocratie est laffaire de tous et non pas seulement des dirigeants du pays. espérer que les choses changent ne suffit pas, il faut agir doù le monde politique doit être examiné plus profondément. agir implique de changer le naturel qui détruit en culture qui construit. une démocratie maladive nest pas une fatalité. en voulant conceptualiser le concept de pouvoir politique, le réalisme politique nous invite à élucider certaines questions: qui peut exercer le pouvoir politique et qui doit lexercer? en vue de quels buts et objectifs ? pour qui et pourquoi ? les réponses à ces questions pourraient sembler utopiques. cependant, vu que tout est à faire à madagascar, des idées mêmes utopiques savèrent être nécessaires pour une bonne approche de ce que doit être la démocratie malagasy. la première démarche serait de produire des élites élites entendus ici dans le sens de litelligencia - à la fois en termes de quantité et en termes de qualité. il faut dès lors lintégration dans lenseignement de base de nos cultures, de nos valeurs et traditions tout en simprégnant des cultures extérieures et si besoin est, de « changer sans trahir »348. il faudra aussi la formation de plateforme de discussion pour et par les élites, comme les sociétés civiles qui sont surtout en manques à madagascar. en effet, lintelligencia « national » est plus proche de son pays que les étrangers, et plus instruits que la masse populaire. il est donc le plus à même de répondre aux problèmes propres de son pays du fait de sa proximité et de ses balises intellectuelles. dans la sélection des élites politiques, pour instaurer le concept « the right man on the right place » - littéralement la bonne personne à labonne place - il faut remonter en amont en instaurant des minimums de sélection349 de nos dirigeants qui ne soient pas fondés exclusivement sur les moyens financiers du candidat. dans un autre volet, il faudra réhabiliter la sanction en donnant véritablement à la justice son indépendance. dans cette entame, il faut que les sanctions puissent satisfaire réellement leur rôle cest-à-dire : un rôle répressif mais aussi préventif. ainsi, pour décourager ceux qui veulent exercer le pouvoir pour leur satisfaction personnelle et pour ses intérêts particuliers, la sanction se trouve être la seule mais aussi le meilleur moyen de dissuasion. ainsi les décisions judiciaires rendues doivent-être exécutées pour la garantie du système. le néo-patrimonialisme et la culture dirresponsabilité sont tous deux des cultures qui tendent à se globaliser. cependant, lidentité culturelle nationale nest pas nécessairement en contradiction avec la démocratie, elle est en corrélation avec le développement350 et le devenir dun pays. selon le malagasy, lhomme est constitué par le « saina, vatana, fanahy » - littéralement « la raison, le corps et lesprit - et un équilibre doit être trouvé entre ces différentes notions. dans lhistoire de la société, à chaque étape de lévolution, le changement des conditions dexistence et de la trame de vie remettent en cause les règles sociales. emile durkheim lanalyse comme un affaiblissement des normes morales et sociales. ainsi se pose-t-on la question de lintériorisation de la démocratie comme solution à la pratique démocratique. cette intériorisation est nécessaire car, du traditionnel à la modernité, les valeurs du passé se sont affaiblies avant que ne sinstaurent celles soutenues par le futur. la conséquence en est évidemment la défaillance du système suivi dune perte de confiance dans les institutions et au final de linsatisfaction générale. pour instaurer un pouvoir politique à « visage humain » à madagascar, il faut considérer quelques paramètres qui se sont affaiblies petit à petit dans lexercice du pouvoir politique malagasy : - paramètres objectifs : nytany, nyteny, nytantara littéralement la terre, la langue, et lhistoire- - paramètres subjectifs ou soatoavina : nyaina, nyhasina, nyfihavanana, nyfahendrena, nyhitsiny, nyrariny, ny marina352 qui sont des valeurs morales inhérentes à la démocratie et que lon a négligé au profit de la valeur « argent ». au final, de par la loi et de par tous les mécanismes institués, il faudra développer une éthique malagasy à la convergence de la culture ancestrale, de la culture moderne et de la culture des droits de lêtre humain. pour ce faire, il faudra entreprendre la sagesse ancestrale mais de façon plus réfléchie, plus volontaire, plus ouverts aux autres cultures que les autres offrent. pour relégitimer le pouvoir à léchelle de madagascar, il nous faut éviter de considérer antananarivo (limerina) comme le plus grand royaume de madagascar353 et de considérer tous les malagasy et tout le malagasy - tout homme et tout lhomme - et développer la notion d « administrateur client