structure et fonctionnement des communautés microbiennes du sol dans les zones influencées par une espèce invasive, grevillea banksii r. br : impacts sur la régénération des essences forestières autochtones à madagascar
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Resume
certaines espèces végétales exotiques peuvent induire des modifications, bénéfiques ou non, au niveau du fonctionnement dun écosystème au sein duquel elles sinstallent du fait de leurs propriétés. lobjectif principal de cette étude était de décrire les impacts de loccupation du sol par grevillea banksii (proteaceae), une plante exotique envahissante dans une zone située dans la partie est de la grande île en se focalisant sur la structure et le fonctionnement des communautés microbiennes du sol ainsi que le développement de deux essences ligneuses autochtones des forêts naturelles de cette zone à savoir intsia bijuga et dalbergia trichocarpa. la composition floristique et les propriétés microbiologiques du sol de cette zone envahie par g. banksii a été décrite. deux formations végétales se trouvant dans la même localité ont été considérées comme des témoins à savoir la forêt naturelle peu perturbée dianjomara vatomandry, et une formation de pseudo-steppe. ensuite, les impacts de linstallation de g. banksii sur le fonctionnement de deux partenaires symbiotiques (champignons mycorhiziens et bactéries fixatrices dazote) des deux espèces ligneuses autochtones ont été évalués en conditions contrôlées. le phénomène inverse, c'est-à-dire les potentiels des symbiotes microbiens à influencer le développement des espèces autochtones sur le sol anciennement colonisé par lespèce exotique, a été également étudié en sélectionnant des partenaires symbiotiques performants. les résultats ont montré que la zone occupée par g. banksii a été caractérisée par une faible diversité floristique (10 espèces) par rapport à la zone forestière (29 espèces). de même, la densité des communautés microbiennes du sol envahi par g. banksii et leurs activités ont été très faibles par rapport à celle enregistrée au niveau du sol forestier. par ailleurs, linvasivité de g. banksii a été favorisée par sa capacité à (i) modifier lenvironnement biotique du milieu envahi, (ii) accaparer les éléments nutritifs, notamment le phosphore, en milieu pauvre grâce à la présence des racines protéoïdes dans leur système racinaire et (iii) exprimer des effets allélopathiques vis-à-vis des populations des rhizobia. en effet, une perturbation des associations symbiotiques (mycorhizienne et fixatrice dazote) a été observée chez les deux essences autochtones cultivées sur le sol envahi par g. banksii. cette perturbation sest traduite principalement par un ralentissement, voire arrêt de la croissance chez les plantules. cependant, linoculation des plants avec des isolats microbiens sélectionnés a permis de réduire significativement les effets négatifs de g. banksii sur la régénération de i. bijuga et de d. trichocarpa. ces résultats suggèrent que la compréhension des caractères invasifs dune espèce exotique envahissante permet de proposer des techniques datténuation correspondantes à leurs mécanismes dinvasion afin daméliorer la conservation des espèces natives du milieu envahi.