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viiolence domestiique :: quelle protectiion pour les femmes malgaches ?

Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Droit — None ()

Auteur : randriambelo mandimbin’ny aina mbolanoro

Année de soutenance : 2016

Diplome : MASTER 2

Langue : FR

Résumé

la violence domestique est une réalité à madagascar. même si notre pays ne dispose pas encore de statistique fiable sur la prévalence de la violence domestique, il est indéniable qu’elle existe, elle a toujours existé et la génération future continuera à vivre dans la violence domestique si on n’en parle pas. la problématique de la violence domestique ne concerne pas uniquement les femmes malgaches, elle touche toutes les femmes, habitantes de la planète terre. personne n’est à l’abri du cycle infernal de la violence ; à un moment donné de sa vie, une personne a pu jouer soit le rôle de l’auteur, soit le rôle de la victime. mais, le degré d’intensité de la violence varie, et si pour les unes il s’agit d’un simple conflit, pour d’autres, c’est la violence au quotidien. parler de la violence domestique est considéré comme remettre en question l’ordre qui a été établi dans la société, l’ordre et la hiérarchisation qui ont opté pour la suprématie du mâle. la violence domestique est ainsi perpétuée par cette représentation sociale du rôle et de la place de l’homme et de la femme, par les cultures néfastes aux femmes, par les modes de vie et de pensée n’assurant pas l’épanouissement de la femme. evoquer la violence domestique signifie, perturber la « feuille de route » établie pour l’équilibre au sein du couple, la bonne marche de la vie familiale et la paix sociale. cette perception de la violence au sein du couple contribue à la rationalisation et à la normalisation de la violence domestique, elle est perpétrée, acceptée et tolérée par la société. pour les malgaches, la violence domestique est le fardeau que toute femme engagée dans le mariage se doit de supporter. et pour la grande majorité des femmes, cette croix qu’elle doit porter ne lui sera enlevée qu’à sa mort. parler de la violence domestique équivaut à braver les interdits. lutter contre la violence au sein du couple est vue comme étant une entorse à la règle que la société a établie. la femme au même titre que l’homme est un être humain, qui a des droits tels qu’ils sont proclamés et consacrés par la déclaration universelle des droits de l’homme : ce sont les droits fondamentaux. aucune discrimination ne doit être tolérée quant à l’attribution, à la jouissance et à la protection de ces droits. d’ailleurs, la dudh prône l’égalité de tous devant la loi. madagascar a signé et a ratifié la dudh, ce qui signifie que chaque malgache est titulaire de ces droits fondamentaux. et l’etat, en procédant à cette ratification s’est engagée à prendre toutes les dispositions nécessaires pour la promotion de ces droits.qu’en est-il de cette promotion actuellement ? des efforts ont été effectués, les législateurs malgaches ayant élaboré et adopté des textes de loi en vue de son effectivité. il sied d’observer que les droits fondamentaux sont des droits d’application progressive. même si les autorités publiques veulent l’application immédiate et sans réserve des dispositions de la dudh, le contexte socio-économique et politique du pays ne le permet pas. il est impératif que toutes les lois adoptées reçoivent l’adhésion de la population pour qu’elles aient une effectivité. la légalité a dans ce cas besoin de la légitimité pour être effective. comme la violence domestique touche les droits fondamentaux de la femme, il est indispensable qu’on tienne compte de l’évolution de la société pour pouvoir entamer une réforme sur le plan législatif. et les législateurs malgaches ont compris que c’est la démarche à suivre. a preuve, il a fallu attendre l’année 2007 pour la réforme de la loi sur le mariage et les régimes matrimoniaux. et jusqu’à maintenant, il faut reconnaitre que certaines personnes n’approuvent pas le contenu de cette réforme et n’hésitent pas à continuer à vivre sous les dispositions de l’ancien texte200. la signature et la ratification par madagascar des principaux instruments juridiques internationaux sur la protection des droits de la femme ont apporté un changement significatif du droit positif malgache. on peut avancer que les femmes malgaches disposent de moyens légaux pour se protéger contre toutes sortes de violation de leurs droits car il est reconnu que la violence domestique ne constitue pas uniquement une violation des droits fondamentaux, elle est aussi une forme de violation au quotidien des interdits de la société, prévus et réprimés par la loi pénale. en effet, ces textes nationaux comme la constitution, le code pénal, le code de procédure pénale, le code civil, le code de procédure civile et leurs annexes… représentent une garantie à la protection des droits de la femme à madagascar. et l’effectivité de leurs dispositions est assurée par les institutions de l’etat comme les départements ministériels, le système judiciaire composé des opj, le ministère public et les différentes juridictions. mais il faut reconnaitre que la pensée et la mentalité de la grande majorité des malgaches n’ont pas suivi ce changement. il est toujours impensable et inconcevable pour un malgache qui vit dans la région du sud est qu’une femme puisse prendre la parole en public. pour recevoir application, ces réformes doivent être vulgarisées : la population doit être informée et sensibilisée sur les nouvelles dispositions légales en vigueur. et pour cause, ces reformes demandent aux justiciables un changement de mode de vie et de pensée, un changement d’attitudes et de comportements. ce qui n’est pas du tout évident, ils pourront penser que c’est une véritable intrusion dans leur vie privée. beaucoup de résistances au changement sont constatées et une réticence est même perceptible au niveau des agents d’application de la loi. en effet, avant d’être fonctionnaire de police, gendarmerie nationale ou magistrats, ils sont des hommes vivant dans la société et forgés par la société. donc, les formations et sensibilisations en vue d’un changement de comportement doivent toucher aussi bien les agents chargés d’appliquer la loi et la population en général. concernant les femmes, une attention particulière doit être prise à leurs endroits du fait que beaucoup d’entre elles restent bloquer par la loi du silence et n’osent pas dénoncer les cas de violences qu’elles subissent ; ce sont celles qui connaissent la dynamique de la violence. mais une grande majorité ne savent même pas leurs droits en tant qu’être humain, et ne connaissent pas leurs droits en tant que femmes. elles continuent à vivre comme à l’époque de leurs grand-mères ou de leurs mères. les femmes doivent avoir une connaissance sur la violence domestique, c’est ainsi qu’elles peuvent reconnaitre leur statut de victime. seules les femmes qui sont informés de leurs droits à jouir d’une protection oseront sortir de la « feuille de route », et dénoncer la violence. mais pour ce faire, elles doivent recevoir le soutien et l’appui dont elles ont besoin. c’est pour cette raison qu’il est nécessaire de promouvoir l’autonomisation de la femme. ainsi, la lutte contre la violence domestique doit être multisectorielle, les mesures législatives ne peuvent pas à elles seules, prévenir ou combattre les violences domestiques. a preuve, les instruments juridiques sont là, mais les femmes malgaches ne se sentent pas en sécurité. la promotion des droits de l’homme, des droits de la femme en particulier, doit être intensifiée. et les actions entreprises dans ce sens doivent être élaborées pour le long terme. pour ce faire, l’éducation tient une place importante dans cette promotion des droits de l’homme, elle doit être intégrée dans les programmes scolaires sans exception. cette année a été choisie par l’union africaine comme étant « l’année africaine des droits de l’homme avec une attention particulière sur les droits des femmes ». on peut dire que madagascar est en avance par rapport aux autres pays africains du fait qu’on dispose déjà des instruments juridiques indispensables, et plus encore, le plan d’action nationale genre et développement durable est déjà adopté. il est temps peut être de mettre l’accent sur l’égalité des femmes en droit, pour annihiler toute discrimination à l’égard des femmes par rapport aux autres femmes. la spécificité de madagascar, surtout son identité culturelle, doit être prise en compte pour toutes les approches adoptées en vue d’atteindre l’objectif qu’est l’élimination de toute discrimination à l’égard des femmes dans le cadre de leur protection contre la violence domestique. pour que les droits fondamentaux des femmes, et plus particulièrement, les droits à la protection, puissent se réaliser, l’etat doit faire en sorte que chaque femme victime, quel que soit son statut matrimonial, puisse trouver le genre de protection qu’elle attend. et pour terminer, j’emprunte cette phrase de nelson mandela, tiré de l’avant-propos du rapport mondial sur la violence et la santé. « beaucoup de ceux qui sont confrontés jour après jour a` la violence pensent qu’elle fait intrinsèquement partie de la condition humaine. mais il n’en est rien. la violence n’est pas une fatalité´, et on peut démanteler une culture de la violence. »