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la complexite de la repression de la sorcellerie a madagascar

Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Economie — None ()

Auteur : rasolofo christiane simone

Année de soutenance : 2016

Diplome : MASTER 2

Langue : FR

Résumé

pour conclure, dire que la sorcellerie existe ou pas n’est nullement notre objectif, mais ce que l’on sait, c’est que les malgaches y croient dur comme fer en son existence. et en afrique, l’accusation pour pratique de sorcellerie est devenue, depuis quelques années, un sport national (ne discernant plus le vrai du faux), tandis qu’elle a disparu de la circulation, en europe, suite à la grande inquisition et où le délit d’escroquerie l’a supplanté. certes, nous admettons que nulle infraction ne doit rester impunie, seulement, la répression de l’infraction de sorcellerie est une action de taille voire d’une extrême complexité et très insolite pour le monde des juristes, forgés dans une méthode et logique de rigueur. puisque, déjà, la sorcellerie en soi est un phénomène ambigu et où tout est question de croyance dont chacun est libre de s’y prêter ou non, grâce au principe de la liberté de conscience, ce qui influe sur la répression de la pratique. ensuite, outre cette ambigüité en soi, le texte pénal qui la sanctionne est lacunaire, flou et très ancien rendant ainsi la répression quasi-impossible, ceci, sans parler de l’intangibilité de ses preuves. mais n’empêche que des condamnations du fait de cette infraction ont bel et bien été prononcées par notre juridiction pénale, à partir des années 1960 jusqu’à maintenant, motivées et fondées, parfois, sur la détention et usage des ody pour troubler l’ordre public, sur la plainte des victimes appuyée des témoignages, et dans d’autre circonstance, sur l’aveu de l’accusé. seulement, même si preuve il y a, tout repose sur l’intime conviction du juge qui en prononcera le verdict une fois au bout du procès. ce qui est marquant c’est que cette libre appréciation du juge est quand même sujette à l’opinion publique voire au type de société ou il exerce sa fonction, ce qui constitue un facteur favorisant la condamnation ou non. mais ce qui est aberrant, c’est surtout au niveau des risques qu’encourent la personne accusée (à tort ou à raison), car si la juridiction répressive l’acquitte ou le relaxe, cela n’est point le cas pour la justice extrajudiciaire qui prendra cette accusation pour argent comptant et exercera sa propre justice. face a ce genre de situation, nous invitons tout juriste à débattre de ce problème et d’émettre leur opinion, le solutionner voire l’éradiquer. en tout cas, pour ce qui est de la répression de la sorcellerie, après analyse du phénomène, de ce qu’il est susceptible d’engendrer et de l’ordonnance qui la sanctionne, nous pensons qu’une partie de la solution réside alors dans la prise de connaissance, l’acquisition et la mise en oeuvre du principe qui dit que « ma liberté s’arrête là où commence celle d’autrui » par chaque citoyen, d’une part, et d’autre part, de la manière de faire le poids entre l’intérêt de l’individu (victime ou accusé) et celui de la société par le juge.