compréhension de la logique des exploitations agricoles à l'encontre des innovations à travers les pratiques rizicoles sur les hautes terres malgaches
Ecole Superieure Des Sciences Agronomiques - nan - None ()
Auteur : razanakoto onjaherilanto rakotovao
Annee de soutenance : 2016
Diplome : DOCTORAT
Langue : FR
Resume
à madagascar, la plupart des projets de développement ont initié des processus dinnovation en faveur de la production rizicole. la zone des hautes terres centrales a accueilli bon nombre dentre eux durant les cinquante années suivant lindépendance pour véhiculer des innovations apparentées aux progrès agricoles daprès guerre (variétés améliorées, agrochimie, motomécanisation). la faible performance de la productivité actuelle des exploitations agricoles (ea) malgaches a incité la présente étude à vouloir comprendre ces agents ciblés par les projets. pourquoi ne sapproprient-ils pas des pratiques amélioratrices proposées ? pour ce faire, des collectes de données qualitatives et quantitatives ont été réalisées à différente échelle spatiale et de façon différenciée dans le temps afin de proposer une ou des perspectives damélioration dans la conduite des projets à venir. la détermination des avis paysans a été privilégiée dans les travaux pour quéventuellement, leur logique puisse se révéler. leurs modes de perception ont été analysés à travers le contenu des rapports des projets et lors des enquêtes auprès des ménages ruraux, sièges des ea tandis que leurs comportements au cours dun projet simulé basé sur lapprentissage participatif et la recherche action ont été observés. la logique compréhensive a été particulièrement sollicitée dans la démarche méthodologique pour pouvoir analyser en parallèle lapproche épistémique des porteurs de projet et la logique paysanne. ces travaux ont permis détablir que la forte externalité des projets conduits auprès des ea réduit limplication humaine. les objectifs productivistes ont devancé les préoccupations des ea qui sont, daprès les enquêtes entreprises, focalisées sur les besoins alimentaires de base. lanalyse subjective a notamment révélée que les stratégies de ces ea touchées par la précarité, en raison dun revenu journalier inférieur à 1,25 usd (constat du niveau de revenu à lissu danalyse quantitative), priorisent les activités intégrant les systèmes de production rizicoles et leurs dépenses dans lalimentation. lintérêt et la capacité pour linvestissement agricole sont quasiment nuls. dailleurs, la participation des ea au projet simulé a été partiellement motivée par lassurance de soutien. linitiative des ea à y adhérer nest toutefois pas remise en cause mais demeure insuffisante puisque le fort ancrage aux actions traditionnelles (pratiques, mode dévaluation des pratiques) na pas été surmonté par les caractères de linnovation proposée, apport de fertilisant phosphaté dans les systèmes rizicoles pour augmenter la production. enfin, de ces démarches, il est apparu que leffort de compréhension des individus ciblés a été négligé par les projets de développement. ces derniers sefforcent dinstaurer lappareil institutionnel adéquat dans les processus dinnovation en ignorant que linstitution locale acquiert davantage de légitimité et dappréhension pour faire passer les messages ou pour pouvoir interagir. ainsi, pour être acceptables, pertinents et cohérents, les projets futurs devraient être alignés à la rationalité paysanne et affutés aux structures sociales locales pour que le processus puisse évoluer, même au-delà de leur temporalité. cela requiert dimportants efforts de la part des développeurs, incluant les chercheurs. trouver la synergie entre les sciences de la culture, les sciences sociales et humaines avec les sciences de la nature est recommandé en engageant une innovation.