la cooperation decentralisee entre les collectivites territoriales de france et de madagascar
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Droit — None ()
Auteur : fiarenana lady harris
Année de soutenance : 2017
Diplome : MASTER 2
Langue : FR
Résumé
ce mémoire touche à sa fin et nous espérons vous donner une brève récapitulation de tout ce qui a été dit dans cette conclusion. il est nécessaire de retenir que les premières formes de la coopération décentralisée étaient les jumelages, ce sont les liens damitié qui lient deux villes à léchelle internationale qui mettent leurs populations respectives en relation. cest par létablissement dune coopération transfrontalière que les collectivités locales jumelés ont commencé à coopérer avec pour justification le partage des frontières. la coopération décentralisée ne met en coopération que les entités infra-étatiques même sil arrive que la collectivité en question ne soit pas maître douvrage, il suffit juste que la coopération lui concerne. le but de cette coopération est de mieux satisfaire les besoins de la population dans un raisonnement de proximité, de résoudre les problèmes de gestion et de développement de la population locale par le biais dun partenariat entre les collectivités décentralisées. elle a une dimension plus humaine et permet de prendre en compte les besoins réels de la population en leur faisant participer à la prise de décision à léchelle locale qui pourra avoir un impact national. madagascar, en 1989, a commencé à admettre la possibilité pour ses collectivités décentralisées de nouer des liens damitié avec les villes françaises, vu que les deux etats ont entendu rétablir lamitié quil y avait entre eux. la coopération décentralisée est fondée par la promotion de la démocratie, de la décentralisation, et de la mondialisation. lidée de cette coopération est de démocratiser la prise de décision, de démocratiser laction extérieure et aussi de responsabiliser les élus locaux par rapport à leur redevabilité vis-à-vis de la population. il est plus facile pour la population détablir le lien entre leur vote et leur contribution à limpôt avec les projets dinvestissement et les services qui leur sont rendus. quant à la mondialisation, elle fait naître de nouveaux acteurs sur la scène internationale notamment les collectivités territoriales décentralisées. les enjeux économiques, sociaux et environnementaux traversent des frontières, il en est de même pour la solidarité. la coopération décentralisée est motivée par linitiative des collectivités locales elles- mêmes daffirmer leur identité, par la nécessité de connaissances en droit comparé concernant la gestion des collectivités territoriales, et de la volonté de faciliter les circulations à linternational. cette nouvelle forme de coopération résulte de quelques principes de la décentralisation, à savoir le principe de libre-administration et le principe dautonomie budgétaire des collectivités locales ainsi que du principe de subsidiarité. i y a dautres principes concernant la gestion locale : le principe de spécialité, le principe de péréquation et le principe dintérêt local. il y a également des principes qui résultent de la démocratisation et de la promotion des droits de lhomme qui sont : le principe defficacité dans une idée de culture de résultats dans la mise en oeuvre des projets, et le principe dégalité et de réciprocité dans le cadre de la participation des collectivités partenaires qui se doivent de se considérer dégal à égal lors de toutes les étapes de la coopération. tous ces principes sont en vigueur et ne doivent jamais remettre en cause le principe dindivisibilité de la république et du principe dinformation que doivent remplir les collectivités locales vis-à-vis des pouvoirs centraux. la coopération décentralisée est porteuse de développement local et durable, de coopération économique et de transferts technologiques. toutes les actions extérieures menées par les collectivités territoriales sont libres mais elles ne doivent pas contredire la politique étrangère de letat ni lordonnancement juridique interne. et elles doivent maintenir leurs actions internationales au niveau sub-étatique. en dehors de lobligation pour la collectivité locale dinformer le représentant territorialement compétent des projets menés dans la coopération, la convention conclue entre les collectivités partenaires doivent faire lobjet de contrôle de légalité qui consiste à vérifier si toutes les procédures exigées ont été remplies, comme lobligation de publier lacte dans la presse locale, à vérifier si lobjet de la convention respecte bien les limites des compétences légales des collectivités territoriales. ce contrôle de légalité porte sur le fond et la forme de lacte. il y a aussi le contrôle budgétaire qui doit vérifier si tous les principes budgétaires ont été respectés, comme lexigence déquilibre budgétaire réel. dans lexemple de la coopération entre la région ile-de-france et la commune urbaine dantananarivo, la région ile-de-france est représentée par limv qui est en étroite collaboration avec lambassade de france. ce programme de coopération veut résoudre tous les problèmes durbanisation de la capitale que connaît la capitale. la coopération entre ces deux collectivités locales soriente en trois volets : le développement institutionnel de léquipe communal ; le partage dexpériences et de savoir-faire ; et la mise en oeuvre de projets qui servent à contenir lurbanisation dont la capitale fait lobjet. dans le cadre de ses actions étroites avec la commune urbaine dantananarivo, limv agit dans plusieurs domaines de revalorisation du territoire à savoir lamélioration de la mobilité urbaine, la mise en place des espaces verts ainsi que la préservation du patrimoine et de la promotion du tourisme urbain. ces interventions sont malheureusement souvent confrontées à un manque de coordination par les textes législatifs. et certaines collectivités territoriales ne disposent que de faibles moyens financiers que les ressources fournies par la coopération décentralisée ne suffisent plus à faire fonctionner normalement et efficacement la localité. les critères déligibilité des projets sont parfois imposés par les partenaires en position de force économiquement parlant, et dans notre cas, il y a systématiquement transposition du modèle français dadministration publique qui nest pas forcément compatible à lhistoire et aux aspirations de la population locale. et le suivi effectué par letat sapparente dans les pays du sud comme une tutelle que comme un accompagnement. il est important de savoir si laction des collectivités territoriales est légitime. daprès les auteurs, les collectivités locales tirent leur pouvoir daction internationale des clauses de compétence générale qui leur sont attribuées de prime abord par la constitution en général comme dans larticle 3 de la constitution malgache. même si elles peuvent conclure des conventions à léchelle internationale avec ses homologues, elles nont toujours pas de personnalité internationale dont le légitime détenteur est letat. les collectivités locales nont donc pas le droit de conclure des conventions avec dautres etats, ni de conclure un traité ou un accord international. cette action extérieure des collectivités locales est légitime uniquement si letat concerné le permet. hormis tous les principes budgétaires qui doivent être respectés, la convention passée par les collectivités locales avec leurs homologues étrangers doivent faire lobjet de délibération au niveau de lorgane délibérant de la collectivité. néanmoins, il faut à chaque conclusion de convention vérifier si la collectivité partenaire a réellement la capacité juridique dauteur dacte surtout dans le cas dun mandat. dans chaque coopération, les règles de passation de marché public restent en vigueur. a loccasion dun accord signé par une collectivité décentralisée qui occasionne des dommages à la collectivité territoriale étrangère, la responsabilité de letat peut être engagée puisque la collectivité locale est toujours une composante de letat, et il en a la responsabilité. mais les véritables limites dune telle coopération viennent des acteurs eux-mêmes. les collectivités du nord sont accusées de ne pas réussir leurs missions didentification des besoins locaux auxquels aspire la population. lexécution des projets est qualifiée de lente, qui est justifiée par la suite par une nécessité détablir une relation de confiance. les collectivités du sud sont souvent objet de conflit de compétence entre le chef de lexécutif et de lorgane délibérant, comme le cas de madame le maire dantananarivo avec ses conseillers municipaux. une autre limite est celle quont les grands esprits de sinterroger sur la véritable intention des instances françaises à légard de madagascar. en 2010, la contribution des villes composées de plus de 100 000 habitants en matière daide au développement est estimée à 1 euro par habitant par an. ce qui laisse croire que les collectivités étrangères partenaires ne pourraient redresser miraculeusement la situation économique locale puisque leur participation financière est modeste. et encore, cette participation se divise avec toutes les autres collectivités partenaires que la ville en question côtoie. du point de vue global, ce type de coopération risque dêtre compromis du fait que les villes métropolitaines aspirent à devenir des sujets de droit international à part entière et à mener ce quon appelle diplomatie des villes. la première perspective que nous proposons est dachever et de rendre effective la décentralisation à madagascar pour pouvoir mener correctement tout type de coopération. les autres perspectives proposées sont la réforme qui insère léducation à la citoyenneté dans le système, et la réforme de la fiscalité locale. nous proposons également la concertation de toutes les forces vives de la localité pour mener tout projet. ces forces vives sont la société civile, les associations et les ong et même les entreprises. pour que la coopération se déroule bien, il est aussi nécessaire que les deux collectivités partenaires prennent des décisions ensemble et au même titre. il faut également repenser à une évolution progressive du processus de décentralisation et contractualiser systématiquement les objectifs. il faut désormais tenir compte de lefficacité réelle des actions internationales menées par les collectivités locales, de leur viabilité et de leur conséquence sur le développement.