analyse sur la preeminence de l'exécutif face au parlement
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Droit — None ()
Auteur : andrianjafimarosoa sitraka mamy tantely
Année de soutenance : 2017
Diplome : MASTER 2
Langue : FR
Résumé
dans les années 1990, lassez des dérives dictatoriales de leurs dirigeants, les populations subsahariennes de lafrique descendent dans la rue. une répercussion indirecte peut être de la chute annoncée de lurss. le mouvement populaire criant la haine des régimes autoritaires et réclamant plus de démocratie. à madagascar, comme dans beaucoup de pays dafrique, le parlementarisme se trouve être le meilleur système pour contrecarrer limpérialisme des dirigeants.crié comme le régime salvateur dans un premier temps, mais la réalité a rattrapé dans un second temps loptimisme du début. en effet, le contexte de madagascar nétait pas encore prêt à intégrer un pur parlementarisme, ainsi linstabilité du gouvernement était une réalité et cest un peu normal de voir une dénaturation de la constitution de la troisième république en 1998 par un référendum. les crises de 2002, de 2009 font ressurgir la peur dune nouvelle aventure présidentialiste. ainsi, on était en mesure dattendre de la constitution de 2010 une certaine évolution surtout pour endiguer les envies autoritaires de lexécutif. toutefois, il nen nest rien, la constitution de 2010 reste fondamentalement déséquilibrée, les contrepoids démocratiques restent encore très influençables par le gouvernement. le parlement est toujours relégué à un rôle insignifiant, car la pratique a démontré que les assemblées issues du nouveau constitutionnalisme malgache sont malheureusement réduites à des rôles de pures formes.les assemblées ne sont toujours pas devenues les instruments de dialogue et de participation auxquels aspirent les populations. des facteurs multiples aussi bien endogènes quexogènes, structurels que conjoncturels expliquent pourquoi les réformes entreprises nont pas entraîné un réel accroissement du rôle des assemblées. mais ce serait hâtif de dire que rien na été fait pour revaloriser les assemblées. la question qui se pose donc est de savoir sil existe une réforme en particulier qui serait capable de remettre les assemblées sur les bons rails. beaucoup de réformes que ce soit juridique ou de sensibilisation ont été faites, mais force est de constater que le rôle du parlement na pas bougé dun iota. on est même en train de régresser selon létude qui a été faite. ne serait-ce pas plus idéal que de supprimer même cette institution et den trouver une autre plus amène de contrôler le gouvernement ? cette question na quune réponse qui est la négative. car les expériences ont montré que la suppression dune assemblée nationale ne peut quêtre un frein à lapprentissage de la démocratie. dailleurs, madagascar dans un passé pas si lointain a fait lamer expérience140. en résumé, même si le parlement est accusé de tous les maux, en labsence dun parlement élu, servant le contre-pouvoir, lexécutif devient rapidement puissant, isolé et liberticide. on ne peut pas prétendre gouverner au nom du peuple lorsque ces représentants sont mis en marge du pouvoir. le vrai défi reste de trouver la meilleure solution qui équilibrerait les relations entre lexécutif et le législatif dans une optique de stabilité et defficacité. plus précisément, le parlement devra être capable darrêter lexécutif sans se substituer à lui et que le gouvernement demeure lanimateur principal de la vie politique. une réflexion est denlever tous les instruments de rationalisation du parlementarisme hérité de la cinquième république française. certes, on peut comprendre que le gouvernement puisse dire quelque chose dans les processus législatifs, mais ce nest pas normal que lexécutif soit le maître doeuvre dans le domaine législatif. pour ce qui en est de linefficacité du contrôle,sil est incontestable que cette défaillance sexplique essentiellement par la configuration des assemblées, il reste cependant que la rationalisation excessive des procédés de contrôle et dinformation a empêché dans une certaine mesure lassemblée dassumer véritablement son rôle de contrôleur. il ne faut pas oublier que cest la fonction de contrôle et dimputabilité qui donne au principe représentatif son contenu démocratique. par ailleurs, le contrôle parlementaire devrait sétendre aussi à lensemble de lappareil bureaucratique qui sous-tend lexécutif, sans quoi, il y a des risques de voir ce dernier sériger progressivement en un pouvoir autonome qui échapperait à la fois au contrôle de lexécutif et du législatif. lincompréhension de la notion de « constitution » reste le principal facteur de blocage à madagascar, le politique malgache a perverti cette notion fondamentale, au lieu de lui accorder un rôle curatif des maux de létat, il a passé outre les règles pour la dénaturer en sa faveur. cela explique la conception « croisiériste »141 que prend lallure de notre histoire constitutionnelle, car on sait que toute constitution nest quune règle du jeu politique. mais adoptée une position défaitiste narrangera aucunement la situation ainsi il est préférable de dire que notre pays est comme « lenfant qui apprend à marcher, titube, tombe parfois, se relève toujours et finit par maîtriser lart de marcher », aussi il nest pas faux despérer que madagascar sera un jour capable dinstituer léquilibre entre les branches de létat. au fonds, aucune constitution nest mauvaise, cest la manière dont on lutilise qui la rend inefficiente, en dautres termes ce sera la qualité personnelle et le civisme des responsables politiques au plus haut niveau en loccurrence législatif, exécutif qui feront la différence, et qui donneront ou non la dimension véritablement démocratique de la constitution. mais force est de constater que lon est encore loin du compte, on est en droit de sinterroger sur léducation politique ou plutôt «léducation constitutionnelle » de nos dirigeants et de nos représentants.