impacts environnementaux de l'adoption des pratiques agroecologiques : empreinte carbone d'exploitation agricole et stocks de carbone region itasy, madagascar
Ecole Superieure Des Sciences Agronomiques - nan - None ()
Resume
la diffusion des pratiques agroécologiques telles que lagroforesterie, la foresterie paysanne, la fabrication de compost et le système de riziculture intensif (sri) vise à améliorer le revenu des exploitations agricoles par laugmentation et la diversification des produits agricoles et par la gestion durable des ressources naturelles. cette thèse se propose dévaluer limpact de ladoption de ces pratiques agroécologiques sur (1) lempreinte carbone des exploitations agricoles et (2) le stockage de carbone dans le sol. un échantillonnage de 200 exploitations agricoles représentatives de la région itasy a été sélectionné pour létude. des enquêtes ont été réalisées pour collecter les données permettant de caractériser chaque exploitation (taille, surface, types de culture et intrants agricoles, élevage, consommation dénergie). les flux de biomasses et de matières au sein de chaque exploitation ont été représentés via les cartes des flux de ressource. lempreinte carbone de chaque exploitation a été calculée à partir dun outil élaboré dans le cadre de cette thèse appelé: tropic farm tool. cet outil, développé sur microsoft excel intègre tous les facteurs démission et de stockage de gaz à effet de serre (ges) adapté au contexte de litasy. pour létude des stocks de carbone du sol, 700 parcelles de culture ont été inventoriées et ont fait lobjet de prélèvement déchantillons de sol sur une profondeur de 30 cm. la technique de la spectrométrie en moyen infrarouge (smir) a été utilisée pour déterminer les stocks de carbone du sol. lempreinte carbone des exploitations agricoles étudiées a été estimée en moyenne à 0,8 ±5,5 tco2eq.ha-1 si rapportée en unité de surface et 0,08 ±2.4 tco2eq.t-1 si rapporté en unité de production agricole. lintégration des pratiques agroécologiques à léchelle de la ferme a permis de réduire lempreinte carbone des exploitations agricoles jusquà 364% grâce à la séquestration de ges via les puits de carbone comme la biomasse ligneuse et le sol. lapplication de la smir a permis délaborer des modèles performants et robustes pour la détermination du carbone organique du sol pour chaque type de sol dominant de la région itasy à savoir les sols ferrallitiques (r2=0,9 et rpd=3,15) et les sols volcaniques (r2=0,95 et rpd=4,31). létude a montré que le type de sol est un fort déterminant à lorigine de la grande variabilité spatiale du stock de carbone du sol de la région itasy. les sols volcaniques ont montré un stock de carbone moyen de 125 ± 22 mgc.ha-1 tandis que les sols ferrallitiques ont affiché une valeur moyenne des stocks de 74 ± 46 mgc.ha-1. sur un même type de sol, il a été observé que ladoption des pratiques agroécologiques induit une tendance positive au stockage de carbone par lapport de matière organique au sol. néanmoins, il a été proposé comme perspective détude de travailler sur des parcelles paysannes contrôlées et sur des systèmes de plus longue durée pour pouvoir approfondir les effets de chaque pratique agroécologique sur le stockage de carbone dans le sol. cette étude a ainsi permis de montrer que lintégration des pratiques agroécologiques à léchelle de la ferme offre des bénéfices environnementaux à la fois (i) en termes de réduction des émissions de ges via les techniques de gestion des effluents délevage et de gestion de leau sur les systèmes de riziculture inondée et (ii) en termes de séquestration de carbone dans la biomasse ligneuse par la plantation darbres et dans le sol par lapport de matières organiques.