la protection des usagers bancaires en matiere de cheques impayes
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Droit — None ()
Auteur : rabezanahary haritiana lantoniaina
Année de soutenance : 2017
Diplome : MASTER 2
Langue : FR
Résumé
de ce qui précède, malgré la baisse de lutilisation du chèque dans les pays européens au profit des cartes bancaires et des virements, ce moyen de paiement demeure très utilisé à madagascar. malheureusement, le chèque napporte pas vraiment de sécurité aux usagers des services bancaires du fait du risque dimpayé inhérent à son utilisation. ce mémoire a eu pour objectif de répondre à la question suivante : « la protection des usagers bancaires est-elle vraiment garantie en matière de chèques impayés ? ». a partir de cette étude, on a alors pu constater que la réponse est affirmative. certes, une protection effective est quasi impossible du fait de la divergence dintérêts dans le processus de paiement du chèque et de linstabilité permanente tant politique quéconomique du pays qui ne peut avoir sans conséquence sur lactivité et le système bancaire malgache. cependant, les mesures de protection dans le cadre des chèques impayés existent que ce soit du côté du tireur ou du bénéficiaire. en effet, cette protection se manifeste par plusieurs manières allant de la création du chèque jusquau recouvrement de son montant résultant dun incident de paiement. on a pu prouver différentes solutions protectrices des usagers bancaires. du côté du bénéficiaire, le législateur a prévu des règles de suppléance nonobstant labsence dune mention obligatoire sur le titre. en outre, malgré que le tireur soit frappé dune incapacité dexercice, son représentant légal reste le garant du paiement. de plus, le décès de lémetteur du chèque ou son incapacité survenue après lémission naffecte point le paiement au profit du porteur. par ailleurs, en cas dincapacité de lun des signataires du chèque, les engagements des autres resteront valables et même en cas de manquement de signature, le bénéficiaire aura toujours la possibilité de régulariser la situation en vue de se faire payer. enfin, concernant la prescription du chèque, ce dernier peut toujours servir de commencement de preuve par écrit ou de reconnaissance de dette même si le délai dencaissement est expiré. du côté du tireur, il a droit au remboursement du montant du chèque débité sur son compte mais aussi le droit dester en justice lorsque le banquier procède au paiement dun faux chèque.bien que la protection du porteur soit moins affirmée en matière démission du chèque, on rencontre des règles et des décisions qui tendent vers cette idée de protection en matière de compte clôturé ou encore dopposition illicite de la part du tireur. effectivement, le principe demeure que les chèques émis avant la date de clôture du compte doivent être payés. cest également le cas pour les chèques émis avant louverture dune procédure de redressement judiciaire à lencontre du tireur. en matière dopposition, lorsque celle-ci est abusive, la mainlevée est toujours possible de même que la possibilité de porter plainte accordée au bénéficiaire. si lon se réfère au défaut ou linsuffisance de provision du compte, bien que la législation en vigueur ne soit pas totalement satisfaisante, lidée de protection demeure. dune part, pour le tireur, la loi lui offre une « seconde chance » afin de régulariser linterdiction bancaire à son encontre résultant dun incident de paiement. il a également la possibilité de demander la mainlevée de linterdiction sous certaines conditions. dautre part, le porteur bénéficie également de protection lorsque le chèque est retourné par le banquier. on peut même parler dune « surprotection ». en effet, le certificat de non-paiement délivré par le tiré équivaut à un commandement de payer le montant du chèque. cette solution lui évite de recourir à la procédure judiciaire. par ailleurs, la loi est même allée jusquà « déroger » les règles de bases du code de procédure civile en instaurant une procédure spéciale au profit du porteur quest le recours devant le président du tribunal du domicile du bénéficiaire. toutefois, une nécessité de réforme simpose pour renforcer cette protection. pour le cas du porteur, plus précisément en matière de saisie-arrêt et datd, les chèques émis avant la notification de la saisie ou de latd doivent être payés. a ce propos, le blocage de la somme disponible sur le compte pendant un délai de une à deux semaines à partir de la notification de la saisie ou de latd savère alors indispensable. si lon se réfère à la situation du tireur, la procédure et les effets de la régularisation sont à revoir. tout dabord, on doit procéder à lextension du délai de cinq jours afin de lui donner une véritable chance. dans cette optique, il faut prolonger le délai de 10 à 20 jours. ensuite, conformément à la solution adoptée par la législation française, la régularisation doit être acceptée lorsque le paiement du bénéficiaire se fait par un moyen, autre que lapprovisionnement du compte à condition, toutefois, dapporter un justificatif auprès du tiré. par ailleurs, la régularisation hors délai doit constituer une circonstance atténuante lorsque la poursuite pénale est déclenchée. enfin, et non le moindre, pour améliorer la situation du tireur de bonne foi, on doit prévoir la levée de linterdiction bancaire une fois la régularisation effectuée.au terme de cette étude, contrairement aux autres recherches faites en matière de protection des consommateurs à madagascar qui précisent lexistence dun vide juridique ou encore de la non application des textes dans la pratique, on peut affirmer que les usagers bancaires bénéficient dune certaine protection en matière de non-paiement des chèques que ce soit au niveau de la loi, de la jurisprudence ou de la doctrine. toutefois, nous nous interrogeons si cette protection accordée aux consommateurs de crédit favorise-t-elle réellement la baisse du contentieux de limpayé ? nous espérons que létude comparative, les informations délivrées et les propositions que nous avons formulées seront susceptibles de déclencher des débats scientifiques, rationnels et objectifs