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la mangrove de sainte marie : un écosystème aux enjeux multiples

Non Classe — Enseignement, Apprentissage et Didactique de l’Histoire, de la Géographie et de l’Education à la Citoyenneté (EAD- HGEC) — None ()

Auteur : rasoamanarivo rita marie michele

Année de soutenance : 2017

Diplome : MASTER 2

Langue : FR

Résumé

s’étendant sur 4’260 ha, soit près de 2% des mangroves malgaches, les palétuviers de l’est n’ont attiré jusqu’ici qu’un nombre restreint de chercheurs et organismes de développement / conservation. ceux du district de sainte marie (région analanjirofo) figurent pourtant parmi les ressources présentant une multitude d’enjeux. la présente étude essaie de les cerner en faisant ressortir l’importance écologique de cet écosystème, ses diverses utilisations anthropiques et les pressions qu’il subit, ainsi que les problématiques d’aménagement qui en découlent. des hypothèses sur l’intégrité de la mangrove de sainte marie, l’absence de pressions anthropiques sur elles, ainsi que sur l’importance des enjeux socio-économiques et écologiques autour de ces ressources ont été émises pour faire l’objet de vérification durant l’étude. des observations directes, couplées avec des transects d’inventaire floristique et faunistique, ainsi que des enquêtes formelles et interviews auprès des personnes ressources, pêcheurs, ong et riverains des lots de mangrove ont été effectuées pour ce faire. avec 8 espèces et 4 familles, la biodiversité floristique de la mangrove de l’île sainte marie ressemble sensiblement à celle de l’ouest malgache. le district perd annuellement 0,81 ha de mangrove, soit l’équivalent de 0,47% de sa superficie par an entre 2003 et 2014. ce rythme de déforestation est inférieur à celui de l’ensemble de l’île qui est voisin de 1%. cette perte annuelle de superficie résulte des pressions liées essentiellement aux travaux de coupe, de remblayage et de construction initiés par la population. selon les enquêtes et observations menées dans les lots de saint joseph et de la pointe, la mangrove sert de lieu de déversement de déchets liquides et solides. la défécation à l’aire libre est d’actualité sous forêt de mangrove. l’absence d’outils de planification et d’aménagement urbain actualisés et adaptés aux ressources mangroves du district ne fait que nuire à la préservation de cet écosystème. en effet, la mort de près de 35 ha de palétuviers dans la baie des forbans en 2013, la recrudescence des remblayages dans les zones à mangrove, l’empilement des déchets dans les marais ainsi que la sous valorisation des mangroves dans l’écotourisme constituent des problématiques d’aménagement de la ville de sainte marie. divers enjeux ont par la suite été identifiés dans la présente étude, dont ceux liés à l’importance économique de l’écosystème mangrove en matière de pêche, de construction et de crédit carbone. la mangrove de sainte marie joue un rôle important dans la régulation de la vie littorale. des enjeux en matière d’aménagement d’un espace urbain à forte affluence touristique sont évoqués sous un angle problématique en raison du déséquilibre entre dynamique urbaine et touristique d’une part, et absence de stratégies d’aménagement adéquates, d’autre part. bref, les enjeux autour de la mangrove de sainte marie sont d’autant plus diversifiés qu’il faudrait en tenir compte, aussi bien en matière de préservation qu’en matière de valorisation socio-économique et d’aménagement. la vente de crédit carbone qui pourrait en découler, tout comme la valorisation des recettes y afférentes, ainsi que la mise en place de stratégies d’urbanisation bien réfléchies (plan d’urbanisme, statistiques sur les affluences touristiques, monographie communale, zonage urbain, …), constitueraient des pistes de réflexion pour une meilleure gestion des lots de mangrove saint marienne.