transfert de fertilite dans des exploitations d'agriculture-elevage malgaches : cas de la région du vakinankaratra
Ecole Superieure Des Sciences Agronomiques - nan - None ()
Resume
la faible fertilité des sols est un élément majeur expliquant la grande vulnérabilité économique des agriculteurs et le risque élevé dinsécurité alimentaire. la fertilité des sols, qui tend à diminuer du fait de lexportation déléments nutritifs dans les récoltes et des pertes par lixiviation et érosion, non compensées par lapport de fertilisants, est alarmante en afrique, dautant que laccès aux fertilisants est toujours plus problématique. dans un tel contexte, le développement de systèmes de production plus efficients, associant agriculture et élevage, apparait comme une voie possible damélioration de la résilience des systèmes de production en termes de gestion des biomasses et des nutriments. dans des systèmes à faibles apports dintrants, une connaissance précise des bilans minéraux, donc des transferts de fertilité, à travers lestimation des bilans organiques et minéraux suite à lexportation de produits agricoles (grains, pailles, fourrages) ou à lapport de résidus (amendements organiques, fumiers, composts), est indispensable pour une bonne gestion des ressources minérales à léchelle de lexploitation agricole. des échantillons de riz, de fourrage, de fumier ont été collectés au niveau de diverses parcelles agricoles et analysés pour leurs teneurs en c et nutriments (n, p, k, ca, mg). au niveau de quatre fermes du vakinankaratra en agriculture-élevage, des bilans globaux des transferts de biomasses et déléments minéraux ont aussi été réalisés. lensemble des biomasses analysées ont été caractérisées par spectrométrie proche infrarouge (spir) et des modèles de prédiction des teneurs en c, n, p, k, ca et mg ont été proposés. les transferts d'éléments nutritifs induits par les récoltes (riz et fourrage) ont entraîné des exportations importantes de nutriments hors de la parcelle : 57 kg n ha-1, 6 kg p ha-1 et 33 kg k ha-1 lors de lexportation de pailles et grains de riz ; 115-160 kg n ha-1, 20-40 kg p ha-1 et 110-230 kg k ha-1 pour des fourrages produisant 10 t ha-1 de matière sèche. les bilans globaux des fermes ont révélés des pertes en c, n, p, k, mg au niveau du compartiment agriculture qui ne sont pas compensés par lapport du fumier provenant du compartiment élevage. néanmoins, dans les grandes exploitations laitières, lachat daliments du bétail, riches en n et minéraux (notamment ca), limite ce déséquilibre. les modèles de prédiction des teneurs en c et n développés présentent de bonnes précisions (r2 v > 0,80). des résultats acceptables (r2 v de 0,69 à 0,77) et encourageants ont été obtenus pour prédire les nutriments (p, k, ca, mg) des biomasses avec une méthode de calibration en local. ces résultats mettent en évidence laptitude de la spir pour être utilisée en complément ou en remplacement des méthodes analytiques existantes, afin de contribuer à mieux gérer les ressources minérales à léchelle dune exploitation.