etudes chimique et biologique de crotalaria bernieri (fabaceae), une plante medicinale native de madagascar
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Resume
dans le but dexploiter les propriétés toxiques et pharmacologiques des espèces de crotalaria (fabaceae) présentes à madagascar, des enquêtes ethnobotaniques ont été conduites dans le domaine du centre, de lest et de louest de lile afin de collecter toutes les informations relatives aux espèces rencontrées, notamment leurs vertus médicinales, leur toxicité et leurs éventuelles autres utilisations. ainsi, 23 espèces dont 7 endémiques, 8 natives et 8 introduites ont été recensées et collectées. des études chimiques, biologiques et toxicologiques préliminaires sur ces différentes espèces de crotalaria ont été réalisées afin de sélectionner une espèce possédant des propriétés intéressantes pour la conduite des investigations plus approfondies. parmi les 23 espèces étudiées, c. bernieri, une plante médicinale de madagascar, sest montrée particulièrement performante vis-à-vis des organismes testés. les enquêtes ethnobotaniques ont révélé que les feuilles de cette plante sont utilisées pour soigner les diarrhées et les maux de ventre. le criblage phytochimique qualitatif réalisé sur la poudre de différents organes (feuilles, graines, cosses, racines) de la plante a révélé la présence des métabolites secondaires très variés mais les alcaloïdes, flavonoïdes, tanins et polyphénols étaient les composés majoritaires. lextrait méthanolique de feuilles (emf), obtenu par lixiviation par lhexane, lacétate déthyle puis le méthanol, a été utilisé pour les investigations sur les animaux et les microorganismes. il a été purifié par des méthodes de fractionnement et de chromatographie bioguidées par des tests sur souris et microorganismes. les résultats ont montré que les alcaloïdes étaient surtout les composés responsables de lactivité toxique sur les souris et les microorganismes. lemf est faiblement toxique pour la souris par voies orale et sous cutanée mais très toxique par voie ip. avec une dl50 égale à 43,57 mg/kg par voie ip, il provoque des symptômes qui suggèrent une atteinte du système nerveux, respiratoire et cardio-vasculaire et des lésions au niveau des organes épurateurs (poumons, reins, foie, intestin), caractérisées par une vasodilatation, un infiltrat inflammatoire constitué de polynucléaires neutrophiles, des foyers oedémateux et nécrotiques. il naffecte pas les fonctions rénale et hépatique à la dose de 28,56mg/kg/j pendant 30 jours. lemf est également toxique pour les animaux aquatiques : sa cl50 est estimée à 16,96 μg/ml et 52,59μg/ml, respectivement pour les alevins de poisson (cyprinus carpio) et les têtards de grenouille (ptychadena mascareniensis). par contre, il na montré aucune activité toxique sur les puces (xenopsylla cheopis) par contact et les poussins (gallus gallus) aussi bien par voie orale que par voie ip. sur les microorganismes, lemf exerce un effet bactéricide et fongicide contre p. mirabilis, b. cereus, c. perfringens, c. albicans et c. guilliermondii. sa cmi variait de 0,04 à 25 mg/ml. les différentes fractions purifiées ont montré une action bactéricide ou fongicide sur toutes les souches bactériennes et levuriennes testées. leurs cmi variaient de 0,005 à 6,25 mg/ml. at2 et at2a étaient les plus efficaces contre la croissance de b. cereus, s. pyogenes et c. albicans (cmi = 0,005 mg/ml) et at5 le moins efficace sur la croissance de s. pyogenes (cmi = 6,25 mg/ml). ces résultats démontrent la forte potentialité des extraits de c. bernieri comme source de molécules antimicrobiennes naturelles. leur activité est au moins similaire à celle des antibiotiques de synthèse. linvestigation chimique des alcaloïdes totaux (eat) des feuilles de c. bernieri a conduit à lisolement et à la caractérisation de trois constituants chimiques : un flavonoïde appelé 2''-o-α- rhamnoside vitexine, deux alcaloïdes nommés sphaerophysine et cyclocrotalarine. la cyclocrotalarine est une nouvelle molécule. ces trois composés ont été décrits pour la première fois dans le genre crotalaria. les propriétés toxiques et pharmacologiques de c. bernieri pourraient donc être exploitées à des fins utiles notamment dans la lutte contre les animaux nuisibles tels que les rongeurs et le développement des nouvelles alternatives thérapeutiques antimicrobiennes.