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écologie de l'abeille, apis mellifera unicolor latreille, dans les écosystèmes forestiers naturels de ranomafana (madagascar) et mare longue (réunion) : étude du comportement de butinage et de l'utilisation des ressources florales par approche mélissopalynologique

Faculte Des Sciences - nan - None ()

Auteur : rasoloarijao tsiory mampionona

Annee de soutenance : 2018

Diplome : DOCTORAT

Langue : FR

Resume

l’étude menée en décembre 2014 et avril 2015 a permis d’établir une liste des plantes potentiellement mellifères à ranomafana et assurer la disponibilité du matériel de référence présentant la morphologie de pollen détaillée de chaque espèce pouvant être utilisée pour les futurs travaux. au total 135 espèces appartenant à 105 genres et 56 familles de plantes ont été décrites. toutes les espèces observées dans cette étude présentent un ou plusieurs caractères susceptibles d'être trouvés sur un pollen de plantes entomophiles, comme une taille moyenne ou grande du grain de pollen, la présence d'ornementation sur l'exine, la forme distincte du grain de pollen ou la présence d'apertures. ce travail fournit de nouvelles connaissances sur la description palynologique des espèces pour cette région. cette liste n’est cependant pas exhaustive (28% du total) et nécessite d’être étoffée pour donner une image plus complète de la flore pollenifère de ranomafana. pour la réunion, les travaux sont en cours et pourront aider grandement dans la détermination des pollens des taxons que ce soit pour la mélissopalynologie ou d’autres domaines de recherche. les travaux menés à mare longue et à ranomafana ont aussi permis d'établir un inventaire partiel des interactions plantes et abeilles dans les forêts tropicales des deux îles. une liste contenant 73 espèces, de 69 genres et 38 familles butinées par a. m. unicolor a été établie dans la zone d’étude de mare longue, tandis que 77 espèces, de 58 genres et 33 familles ont été inventoriées dans les échantillons de miels de ranomafana. l’analyse des 50 935 pelotes de ranomafana reste à faire et pourra compléter la liste des taxons d’importance apicole dans la zone. les espèces identifiées dans les échantillons de miels et de pelotes nous ont permis de dire que les taxons butinés faisaient partie de la formation de plantes près des ruches et la majorité appartient aux espèces indigènes de la strate arborée ou arbustive. l’étude sur les visiteurs des trois espèces représentant le genre weinmannia à la réunion et à ranomafana a permis de mieux caractériser la relation de cette sous-espèce d’abeille native avec des plantes natives. les espèces du genre weinmannia sont des sources de nourriture importante pour l’abeille, vu le nombre et la fréquence important des visites par celle-ci, l’abeille a donc une interaction forte avec cette espèce. toutefois cette espèce est aussi visitée par d’autres espèces d’insectes (des coléoptères, des diptères, des hyménoptères, des lépidoptères). les données de cette étude sur le comportement de butinage de l’abeille sur le genre weinmannia ont été ici analysées suivant un critère de présence et absence des visiteurs. toutefois, de nombreuses données permettant de mieux comprendre i) le comportement de butinage de l’abeille (temps de passée sur chaque inflorescence, recrutement au cours de la journée), ii) la place occupée par l’abeille dans ces biotopes et la compétition potentielle entre les différents visiteurs (évolution du nombre de visiteurs au cours de la journée, comportement antagoniste, évitements …) tout en prenant compte le climat, sont disponibles et feront l’objet d’études ultérieures. l’existence de nombreux autres pollinisateurs dans la zone du « hotspot de biodiversité » interagit avec le comportement de butinage de l’abeille et peut conduire à une compétition pour les ressources entre espèces pollinisatrices. il faudrait donc également les étudier pour mieux comprendre les interactions interspécifiques dans le hotspot de biodiversité du sud-ouest de l’océan indien, avec ces nombreux écosystèmes complexes. le comportement de butinage d’a. m. unicolor dans la zone d’étude de ranomafana et de mare longue, montre une certaine préférence (quantitative) pour une partie de la flore locale, surtout indigène, parmi lesquelles les familles des anacardiaceae, cunoniaceae, myrtaceae et sapindaceae, qui ont les plus fortes interactions avec l’abeille dans les deux zones d’études. l’abeille montre aussi une constance florale qui pourrait aboutir à la pollinisation des fleurs visitées. la coévolution plantes-abeilles a pu conduire à la présence des traits floraux bien définis et attractifs pour les butineuses tels qu’une couleur claire et des guides nectarifères, un disque nectarifère dont la localisation est adaptée à la longueur du proboscis de cette sous-espèce, et des pollens facilement accessibles. de l’autre côté, les abeilles se sont adaptées aux fleurs en mémorisant les signaux émis par les fleurs à ressources de qualité et assurant leur pollinisation en compensation des nutriments offerts par les plantes. cette coadaptation a pu conduire à une diversification des plantes et un maintien des populations d’abeilles dans les biotopes. pour compléter cette étude, il faudrait étudier en détail la biologie florale, la qualité du nectar, la viabilité des pollens et les composés volatils des espèces les plus butinées, versus celles les moins visitées, par les abeilles afin de mieux cerner les préférences florales de la sous-espèce d’abeille de la région les résultats de cette étude sont utilisables dans le développement de l’apiculture dans la zone vu l’existence de relation étroite entre les formations végétales et les données obtenues des analyses polliniques des miels et des pelotes. l’amélioration de l’apiculture peut être exploitée dans les cadres du développement intégré par un apport continu de revenu aux apiculteurs et de la conservation de la flore surtout indigène mellifère. la connaissance des plantes utilisées de façon intensive par les abeilles permet un choix plus efficace des espèces à replanter pour des bénéfices à la fois économiques et écologiques. néanmoins, ces résultats ne sont pas exhaustifs en raison du nombre limité d'échantillons que nous avions. des études plus approfondies sont nécessaires pour compléter les résultats de cette étude avec un plus grand nombre de ruches échantillonnées et pour une période plus longue afin de mieux comprendre le comportement de butinage d’a. m. unicolor et de couvrir une plus grande surface, et du coup avoir une liste plus complète des taxons en interaction avec l’abeille. de même, des analyses physico-chimiques des miels sont nécessaires pour mieux déterminer l’origine exacte des nectars des miels et de quantifier les autres composants du miel tels que les glucides, les acides aminés, les protéines, les lipides, les minéraux, les vitamines, les substances aromatiques et les corps non identifiés qui pourraient nous guider sur la compréhension du choix de l’abeille pour une ressource spécifique. ces données permettront de mieux caractériser les miels de la zone et de mieux comprendre les besoins de l’abeille en matière de nutriments. les données sur le pollen des pelotes couplées avec la quantification des protéines et des lipides de chaque espèce aideraient aussi à mieux cerner la nutrition des colonies d’abeilles en fonction de la santé et le cycle biologique de chaque colonie

Mots cles

mare longue mieux comprendre abeille apis mellifera apis mellifera unicolor mellifera unicolor latreille ecosystemes forestiers naturels mare longue reunion ont ete