écologie de l'abeille, apis mellifera unicolor latreille, dans les écosystèmes forestiers naturels de ranomafana (madagascar) et mare longue (réunion) : étude du comportement de butinage et de l'utilisation des ressources florales par approche mélissopalynologique
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Resume
létude menée en décembre 2014 et avril 2015 a permis détablir une liste des plantes potentiellement mellifères à ranomafana et assurer la disponibilité du matériel de référence présentant la morphologie de pollen détaillée de chaque espèce pouvant être utilisée pour les futurs travaux. au total 135 espèces appartenant à 105 genres et 56 familles de plantes ont été décrites. toutes les espèces observées dans cette étude présentent un ou plusieurs caractères susceptibles d'être trouvés sur un pollen de plantes entomophiles, comme une taille moyenne ou grande du grain de pollen, la présence d'ornementation sur l'exine, la forme distincte du grain de pollen ou la présence d'apertures. ce travail fournit de nouvelles connaissances sur la description palynologique des espèces pour cette région. cette liste nest cependant pas exhaustive (28% du total) et nécessite dêtre étoffée pour donner une image plus complète de la flore pollenifère de ranomafana. pour la réunion, les travaux sont en cours et pourront aider grandement dans la détermination des pollens des taxons que ce soit pour la mélissopalynologie ou dautres domaines de recherche. les travaux menés à mare longue et à ranomafana ont aussi permis d'établir un inventaire partiel des interactions plantes et abeilles dans les forêts tropicales des deux îles. une liste contenant 73 espèces, de 69 genres et 38 familles butinées par a. m. unicolor a été établie dans la zone détude de mare longue, tandis que 77 espèces, de 58 genres et 33 familles ont été inventoriées dans les échantillons de miels de ranomafana. lanalyse des 50 935 pelotes de ranomafana reste à faire et pourra compléter la liste des taxons dimportance apicole dans la zone. les espèces identifiées dans les échantillons de miels et de pelotes nous ont permis de dire que les taxons butinés faisaient partie de la formation de plantes près des ruches et la majorité appartient aux espèces indigènes de la strate arborée ou arbustive. létude sur les visiteurs des trois espèces représentant le genre weinmannia à la réunion et à ranomafana a permis de mieux caractériser la relation de cette sous-espèce dabeille native avec des plantes natives. les espèces du genre weinmannia sont des sources de nourriture importante pour labeille, vu le nombre et la fréquence important des visites par celle-ci, labeille a donc une interaction forte avec cette espèce. toutefois cette espèce est aussi visitée par dautres espèces dinsectes (des coléoptères, des diptères, des hyménoptères, des lépidoptères). les données de cette étude sur le comportement de butinage de labeille sur le genre weinmannia ont été ici analysées suivant un critère de présence et absence des visiteurs. toutefois, de nombreuses données permettant de mieux comprendre i) le comportement de butinage de labeille (temps de passée sur chaque inflorescence, recrutement au cours de la journée), ii) la place occupée par labeille dans ces biotopes et la compétition potentielle entre les différents visiteurs (évolution du nombre de visiteurs au cours de la journée, comportement antagoniste, évitements ) tout en prenant compte le climat, sont disponibles et feront lobjet détudes ultérieures. lexistence de nombreux autres pollinisateurs dans la zone du « hotspot de biodiversité » interagit avec le comportement de butinage de labeille et peut conduire à une compétition pour les ressources entre espèces pollinisatrices. il faudrait donc également les étudier pour mieux comprendre les interactions interspécifiques dans le hotspot de biodiversité du sud-ouest de locéan indien, avec ces nombreux écosystèmes complexes. le comportement de butinage da. m. unicolor dans la zone détude de ranomafana et de mare longue, montre une certaine préférence (quantitative) pour une partie de la flore locale, surtout indigène, parmi lesquelles les familles des anacardiaceae, cunoniaceae, myrtaceae et sapindaceae, qui ont les plus fortes interactions avec labeille dans les deux zones détudes. labeille montre aussi une constance florale qui pourrait aboutir à la pollinisation des fleurs visitées. la coévolution plantes-abeilles a pu conduire à la présence des traits floraux bien définis et attractifs pour les butineuses tels quune couleur claire et des guides nectarifères, un disque nectarifère dont la localisation est adaptée à la longueur du proboscis de cette sous-espèce, et des pollens facilement accessibles. de lautre côté, les abeilles se sont adaptées aux fleurs en mémorisant les signaux émis par les fleurs à ressources de qualité et assurant leur pollinisation en compensation des nutriments offerts par les plantes. cette coadaptation a pu conduire à une diversification des plantes et un maintien des populations dabeilles dans les biotopes. pour compléter cette étude, il faudrait étudier en détail la biologie florale, la qualité du nectar, la viabilité des pollens et les composés volatils des espèces les plus butinées, versus celles les moins visitées, par les abeilles afin de mieux cerner les préférences florales de la sous-espèce dabeille de la région les résultats de cette étude sont utilisables dans le développement de lapiculture dans la zone vu lexistence de relation étroite entre les formations végétales et les données obtenues des analyses polliniques des miels et des pelotes. lamélioration de lapiculture peut être exploitée dans les cadres du développement intégré par un apport continu de revenu aux apiculteurs et de la conservation de la flore surtout indigène mellifère. la connaissance des plantes utilisées de façon intensive par les abeilles permet un choix plus efficace des espèces à replanter pour des bénéfices à la fois économiques et écologiques. néanmoins, ces résultats ne sont pas exhaustifs en raison du nombre limité d'échantillons que nous avions. des études plus approfondies sont nécessaires pour compléter les résultats de cette étude avec un plus grand nombre de ruches échantillonnées et pour une période plus longue afin de mieux comprendre le comportement de butinage da. m. unicolor et de couvrir une plus grande surface, et du coup avoir une liste plus complète des taxons en interaction avec labeille. de même, des analyses physico-chimiques des miels sont nécessaires pour mieux déterminer lorigine exacte des nectars des miels et de quantifier les autres composants du miel tels que les glucides, les acides aminés, les protéines, les lipides, les minéraux, les vitamines, les substances aromatiques et les corps non identifiés qui pourraient nous guider sur la compréhension du choix de labeille pour une ressource spécifique. ces données permettront de mieux caractériser les miels de la zone et de mieux comprendre les besoins de labeille en matière de nutriments. les données sur le pollen des pelotes couplées avec la quantification des protéines et des lipides de chaque espèce aideraient aussi à mieux cerner la nutrition des colonies dabeilles en fonction de la santé et le cycle biologique de chaque colonie