evaluation des risques d'exposition aux rickettsies a madagascar : etude sero-epidemiologique chez l'homme et detection moleculaire de rickettsia spp. chez les puces de rongeurs
Faculte Des Sciences - nan - None ()
Auteur : rakotonanahary jean luc rado marie ferdinand
Annee de soutenance : 2019
Diplome : DOCTORAT
Langue : FR
Resume
bactéries intracellulaires obligatoires gram négatives, les rickettsies comportent des espèces majoritairement pathogènes pour lhomme. elles sont transmises par des arthropodes hématophages dont les tiques, les puces, les mites et les poux. la prévalence dinfection rickettsienne chez lhomme, chez les animaux et chez les arthropodes vecteurs est encore peu étudiée à madagascar. la présente étude vise à évaluer les risques dexposition aux rickettsies chez la population humaine, et à améliorer nos connaissances sur lépidémiologie des rickettsioses associées aux rongeurs et aux puces à madagascar. une étude pilote a été effectuée dans le district de tsiroanomandidy. les elisa spécifiques de chaque groupe ont montré des séroprévalences élevées digg dirigées contre les rickettsies du groupe typhus (tgr ; 34% ; n=62) et du groupe des fièvres boutonneuses (sfgr ; 39% ; n=62) chez la population de tsiroanomandidy. chez les puces, les qpcr ont permis la détection de rickettsia typhi chez xenopsylla cheopis (24% ; n=107) et de rickettsia felis chez x. cheopis (2%) et pulex irritans (31% ; n=26). ces résultats ont été confirmés par des séquençages. lévaluation de la performance des elisa a montré une excellente concordance entre les répétitions au sein du laboratoire. les résultats sont également comparables avec ceux des elisa réalisés dans un laboratoire spécialisé en rickettsies (nmrc). les elisa sannoncent plus sensibles que lifa réalisé dans un autre laboratoire spécialisé (urmite). lifa est le test de référence pour le diagnostic des cas aigus, mais les résultats ont montré que les elisa sont mieux adaptés pour les études séro-épidémiologiques. une étude séro-épidémiologique transversale à léchelle nationale en population générale a été effectuée dans 28 sites répartis à travers lîle. lapplication des elisa indirectes a permis dobserver une forte exposition de la population malagasy aux rickettsies tgr (21% ; n=1669) et sfgr (41% ; n=1669). lexposition aux rickettsies tgr augmente avec lâge et lurbanisation. elle est élevée dans les zones humides avec précipitation hautement saisonnière, mais moins élevée dans les régions cibles des campagnes daspersion dinsecticides. la séropositivité en igg anti-sfgr augmente avec lâge. elle est élevée chez lhomme, chez les personnes vivant en zone rurale, et dans les régions chaudes à climat relativement sec. la détermination du taux de portage de rickettsies chez les puces collectées sur des rongeurs capturés dans 18 sites a permis la détection de r. typhi chez 5,5% de x. cheopis (n=1356) et de r. felis et/ou r. felis-like organism chez 5,2% de x. cheopis (n=926) et chez 4% de la puce endémique synopsyllus fonquerniei (n=100). le taux dinfection de x. cheopis à r. typhi et r. felis dépend surtout des facteurs relatifs aux vecteurs et à lhôte, et non du climat. les résultats obtenus montrent que la menace posée par les rickettsies sur la santé publique à madagascar est bien réelle. aucun cas humain de rickettsiose na été rapporté dans lîle jusquà maintenant. les médecins devraient augmenter leur vigilance pour ne pas rater les cas éventuels. les travaux entrepris ouvrent également des perspectives de surveillance des rickettsioses chez l'homme et chez les vecteurs, éventuellement une surveillance continue et plus ciblée, pour une meilleure connaissance sur l'épidémiologie de ces infections à madagascar.