dynamiques socioéconomiques et gestion des aires protégées : vers une reterritorialisation des politiques publiques environnementales
Ecole Superieure Des Sciences Agronomiques - nan - None ()
Resume
cette recherche analyse linfluence des dynamiques socioéconomiques autour des aires protégées sur lefficacité de leur gestion, partant de la périphérie immédiate du parc national de kahuzi-biega en république démocratique du congo. elle sappuie sur une approche pluridisciplinaire qui intègre la géographie sociale, les sciences sociales de lenvironnement, lanthropologie de la conservation et lhistoire environnementale. des approches diachroniques et synchroniques et des marches à la fois qualitatives et quantitatives sont mises en oeuvre, mobilisant une série dentretiens auprès dinformateurs-clé impliqués dans la conservation environnementale, des focus group à léchelle communautaire et une enquête quantitative auprès dun large échantillon des ménages dans 49 villages jouxtant le parc. lanalyse diachronique des dynamiques socioéconomiques au cours de trois dernières décennies montrent que les périphéries du pnkb se recomposent aujourdhui dans leur structure économique, leur organisation spatiale et leur tissu social. la théorie du noyau et de lécorce convoquée dans cette recherche révèle une « dépaysannisation » des milieux ruraux à travers leffondrement des valeurs traditionnelles, une « désagricolisation » progressive et une « désocialisation » de la terre. en résultent des compétitions fortes pour le contrôle et laccès aux ressources naturelles et de nouveaux rapports sociaux à lespace. ces diverses transformations ont donné lieu à de nouvelles grilles de lecture des rapports société/nature. emergent, dès lors, des proximités dynamiques et conflictuelles parcs-populations cristallisées par la pluralité dacteurs et dintérêts, et dont le dynamisme et la juxtaposition complexifient la gestion. les rapports de force entre noyau (aire protégée) et lécore (zones périphériques) lemportent sur les moments de dialogue et la cogestion nen reste quaux habillages programmatiques. en sus, si les leviers de résilience face aux changements environnementaux sont salutaires pour les moyens de subsistance locaux immédiats, ils induisent cependant un cercle vicieux de dégradation dans cet espace. ainsi, conjuguées à dautres facteurs structurels, les dynamiques socioéconomiques complexifient la conciliation conservation-développement. elles en constituent une enfreinte supplémentaire à lefficacité de gestion des aires protégées, en loccurrence dans les pays en voie de développement. en termes dutilité pratique, cette thèse suggère la reterritorialisation des politiques environnementales qui reconceptualise la conservation par un retour au local, légitime les arènes décisionnelles et endigue les rapports de force, au moyen dapproches contextualisées, intégrées et adaptatives