l'effectivite de la presomption d'innocence dans le systeme du droit malgache contemporain
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie — Droit — None ()
Auteur : andriamamonjy richelin
Année de soutenance : 2016
Diplome : MASTER 2
Langue : FR
Résumé
en somme, lhistoire du droit criminel général nous révèle quà lorigine, pendant que les pouvoirs étatiques nétaient pas encore bien organisés, la notion de la justice ne létait non plus. il appartenait alors aux groupes sociaux tranchés par clan ou tribu, et dirigés le plus souvent par les chefs de famille ou des notables du village, détablir leur propre règle pour assurer la protection de ses propres intérêts face aux éventuelles attaques offensées par des groupes oppresseurs. a cette époque, la règle était prédominée par le libre exercice du droit à la vengeance, qui est précisément la vengeance privée, et tous moyens étaient admis pour aboutir à la réparation des préjudices subis par des actes criminels. mais, compte tenu de la réalisation du caractère inhumain de cette pratique, la règlementation parvenait à la limitation des représailles, puis à lhumanisation et à la moralisation du système répressif adopté. laffermissement des pouvoirs étatiques bénéficiait également à son tour un grand succès à la substitution de la justice publique à la justice privée et à laquelle letat prenait en charge une garantie de répression de tous les actes attentatoires à la paix et à lordre social (1). a madagascar, un pareil cas se présentait quand on analyse lévolution de la législation criminelle du pays en remontant à une date relativement loin du passé. pendant lépoque précoloniale, la pratique était également dominée par lexercice de la vengeance privée. mais, successivement, letat a apporté une restriction à ce recours mais pour garder lordre social, le roi accordait un pouvoir de justice aux membres du fokonolona pour juger les actes dune moindre gravité (2). le critique reprochable à ladministration des tribunaux de lère primitive est donc que les pouvoirs de juger un acte criminel sont accordés à des personnes dépourvu des connaissances juridiques et le prononcé de la culpabilité des délinquants nest fondé par aucune base légale, sans tenir compte le principe de la justice équitable ou les causes susceptibles danéantir la responsabilité pénale de laccusé. au stade du procès, aucune procédure régulière na été instituée pour assurer la défense du mis en cause ni même des preuves rationnelles pour établir la véracité des faits incriminés. a lépoque royale, les abus et larbitraire conçus à travers la juridiction répressive redoutaient lourdement les justiciables sur leffectivité de cette institution destinée à garantir lintérêt des peuples. il est donc patent quà travers une très longue période de lhistoire du droit malgache, le principe de la présomption dinnocence na jamais eu son temps à régner eu égard les systèmes juridictionnels adoptés. en générale, la présomption dinnocence est une règle juridique qui interdit la reconnaissance de la culpabilité du suspect ou de linculpé quaprès une décision de justice insusceptible daucunes voies de recours. le principe impose alors quil appartient à lauteur de la poursuite de porter devant la justice répressive les preuves de ses allégations et le prévenu bénéficie dune inertie plus ou moins totale quant à la démonstration de son innocence. au stade de la justice répressive de nos jours, cette institution juridique occupe un rôle fondamental dans la protection des droits et libertés individuels car la règle assure la garantie de ces privilèges personnels soit par la prévention ou la répression de toutes les atteintes à la dignité humaine avant ou dès le début de la poursuite pénale jusquau prononcé de la décision finale à caractère définitif. face à ce constat de limportance de ce principe dans ladministration de la justice contemporaine, sa reconnaissance saffale en effet à léchelle planétaire. ainsi en france, linstauration de cette règle de droit dans des dispositions en vigueur commençait depuis 1789, concrétisée par la déclaration universelle des droits de lhomme et des citoyens proclamée à cette date qui reconnait à tout individu le statut de la personne innocente dès lors que le tribunal na pas encore établi la culpabilité de lagent (1). mais actuellement, le renforcement des dispositions protectrices de ce principe a été accentué dans ce même pays par ladoption de la loi n°2000-516 du 15 juin 2000 qui a porté une réforme de la législation pénale pour assurer la garantie des droits des délinquants contre les irrégularités procédurales. le lendemain de la seconde guerre mondiale, lorganisation des nations unies a prescrit à tous les pays de la planète, une stricte observation des dispositions relatives à cette institution de la présomption dinnocence pour reconnaitre à toute lhumanité le caractère sacré de son intégrité corporelle et morale (2). le principe de la présomption dinnocence devient alors la règle de référence de la protection des droits et libertés des citoyens contre toutes les agressions attentatoires à ces prérogatives individuelles avant ou pendant le procès pénal. a madagascar, la reconnaissance de ce précepte nouveau ne voit le jour que tardivement, mais malgré tout, aucun texte ne stipule explicitement et de façon satisfaisante les dispositions complètes de cette théorie de la présomption dinnocence. a lintérieur du pays, la présomption dinnocence ne reçoit une valeur constitutionnelle que depuis 2007, idée reprise par la constitution malgache du premier octobre 2010 (3). mais, en dépit de cette volonté du législateur de reconnaitre à la règle un caractère suprême, aucun texte supplémentaire na été adopté pour instaurer une disposition homogène renforçant la protection de cette règle. que ce soit au niveau interne ou international, la protection et le renforcement de cette institution juridique sont le résultat dune longue soif des acteurs du procès de trouver un mécanisme juridique prenant en compte le respect de la dignité humaine tout le long de la procédure criminelle. toutefois, malgré la progression en nombre des textes relatifs à ce principe, les actes attentatoires à cette institution mine encore limage de la juridiction répressive de lère actuelle, et nempêche pas lévolution des faits dommageables aux droits et libertés de linculpé tant avant que pendant la procédure pénale. au niveau de la juridiction, dès quune action publique est mise en mouvement et exercée par le ministère public ou par la victime qui se constitue partie civile devant le juge dinstruction, certains actes relatifs à la procédure méconnaissent le plus souvent les impératifs de ce précepte juridique et affectent gravement les droits du prévenu. dans ce cas, on parle des atteintes légales à la présomption dinnocence, quel que soit la qualification retenue à ces actes, quil soit garde à vue, détention préventive ou autres décisions de justice entachées dillégalité. toutefois, force est de noter que dans les autres cas, les actes attentatoires à ce système peuvent être également à lissus des agissements des simples particuliers et que ces faits endommagent lintégrité physique ou morale du concerné. tout dabord, en matière de la presse, la publicité des photographies, des décisions de justice ou tous autres actes de la procédure par le journaliste sans le consentement de la victime ou du juge compétent en la matière est constitutif de la diffamation publique portant atteinte à la moralité de linculpé. a côté, les faits répréhensibles à lencontre de cette théorie de droit peuvent également frapper lintégrité physique du suspect. dans cette optique, on peut tirer à titre dillustration la notion de la vengeance privée ainsi que la justice populaire de la rue ou informelle. ces actes constituent alors à légard de notre droit, des atteintes illégales à la présomption dinnocence. face à ces différentes situations, on a lors pu proposer des solutions pour remédier à ces problèmes et afin de mettre en place une justice répondant nécessairement aux souhaits des acteurs du procès. autres que la suggestion de renforcement des pouvoirs de fokonolona légalement constitué en matière de la justice, le recours à la réforme législative savère incontournable pour mettre en place une disposition législative homogène offrant et renforçant la garantie de protection de cette règle et une nouvelle structure de la justice. en dernier temps, le renforcement des pouvoirs des juges à travers la concrétisation de son indépendance parfaite savère également incontournable pour assurer sa neutralité vis-à-vis de lexercice de ses fonctions. mais, il est nécessaire de soulever quactuellement, la notion de la corruption de la justice atteint actuellement le plus haut niveau des débats des justiciables surtout de ceux qui en sont toujours victimes. alors que sans aucun doute, ce fléau constitue des atteintes suffisamment graves aux droits de lhomme et mine la valeur de léthique de la justice. cest pour reconstruire limage de la juridiction répressive quil a été envisagé le renforcement de la déontologie des magistrats afin quils puissent réagir contre la corruption avec toutes ses formes, active ou passive, dans le but datteindre la transparence de la justice et de trouver une justice saine et crédible.