le toaka gasy dans les rituels betsileo
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie - Sociologie - None ()
Auteur : solonandriambololona alaikoto bernhardi
Annee de soutenance : 2006
Diplome : DEA
Langue : FR
Resume
maintenant, nous arrivons au terme de notre parcours. depuis le début, nous avons fixé donc comme objectif lappréhension de limportance du << toaka gasy >> dans les rituels betsileo. pourquoi se fait-il quà chaque fois quil y ait cérémonie, le << toaka gasy >> restait toujours présent. effectivement, le << toaka gasy >> occupe indéniablement une place de premier ordre dans les rituels betsileo. comme tous les malgaches, les betsileo croient également aux << andriananahary sy ny razana >> ( dieu et les ancêtres ), aux << fahasivy >> ( ancêtres ), cest-à-dire aux puissances divines et ancestrales. ils croient que ces derniers peuvent les voir, les entendre, les surveiller, et surtout peuvent les dispenser bénédiction ou malédiction. ils pensent que leurs vies dépendent de dieu et de leurs ancêtres et à chaque fois quils décident dentamer une quelconque entreprise, ils ne manquent jamais à leurs présenter du saotra ( remerciement ) auquel ils cherchent toujours de la bénédiction. sils faillent par exemple à une obligation, ils se précipitent à le réparer par le << saotra >> de peur dêtre encouru par la malédiction. en pays betsileo, les << fahasivy >> acceptent comme << saotra >> certains sacrifices ; buf et coq ou poule, le riz et le << toaka gasy >> cependant pour se mettre en contact avec eux il faut toujours procéder au << fanamba fahasivy >>. ce qui signifie quil faut toujours recourir à lusage du << toaka gasy >>, car le processus du << fanamba fahasivy >> ou de linvocation des ancêtres ne se fait jamais sans le << toaka gasy >>. a travers les descriptions analytiques précédentes, nous avons toujours constaté, le recours à maintes reprises des betsileo à linvocation des ancêtres dans chaque rituel. il nexiste aucun rituel auquel le << toaka gasy >> nest pas impliqué surtout dans le rite du << fanamba fahasivy >>. il est employé pour invoquer les << fahasivy >> et sans cela on ne croit pas quils tendent oreilles. les vins ou autres rhums étrangers sont inadmissibles pour ce genre de rite. généralement, le << toaka gasy >> est dusage dans toutes relations avec les << fahasivy >>. les vivants ont besoin de les remercier pour les bénédictions quils ont dispensées, dispensent et dispenseront. on a besoin de les respecter ou de les satisfaire à leurs besoins pour écarter les malédictions. cest le cas alors des rituels du << fagnefana >> et du << famadihana >> car les morts exigent par exemple dêtre couvert de nouveau linceul. on a besoin également de leurs assistances dans la réalisation de quelques choses de grande importance, comme dans le cas par exemple du << forazaza >>, du << vakirà >>, dans louverture du tombeau et dans les constructions diverses. en fait, le << toaka gasy >> est un liquide mystique servant de relais entre le visible et linvisible. le long de notre parcours, nous avons trouvé que le << toaka gasy >> symbolise la vie, la puissance et le respect. une vie qui anime et réanime même celui que lon croyait abandonné par la vie. une puissance, capable de rendre faible le plus puissant, qui le fait agir sur des êtres immatériels sur le monde invisible. enfin, il est également employé pour honorer les << fahasivy >> et pour accueillir les visiteurs.somme toute, dans leurs pratiques rituelles, les betsileo, ne peuvent jamais se passer du << toaka gasy >>. le << saotra >> constituant le centre de tous les rituels ne peut pas se faire sans le << toaka gasy >>. or, sans le << saotra >>, les betsileo se sentent séparés de leurs << fahasivy >>, sources de toutes les bénédictions. ici, nous navons aucunement pas lintention dinstitutionnaliser lusage du << toaka gasy >> mais dévoquer, la valeur mystique que possède cette boisson de fabrication locale, à travers les pratiques rituelles betsileo. nous pensons quavec notre humble contribution, le présent mémoire peut nous aider à élargir notre champ de vision dans toutes les décisions à prendre ; de bien savoir distinguer le coté négatif et positif dans chaque chose pour ne pas adopter uniquement un seul point de vue.