ny very tadiavina hit1\ ao amin'ny sanganasan'i sefrera rt~phi\e' louis rafiringa. boky 1
Faculte Des Lettres Et Des Sciences Humaines - Non Classe - None ()
Resume
la présente étude que nous avons donné eomme intitulé: « ny very tadiavina hita ao amin'ny sanganasan'i sefrera raphaël louis rafiringa (1856-1919), ou « les valeurs perdues conservées dans les oeuvres littéraires du cher frère raphaël louis rafiringa » (traduction libre), a pour but dapporter une modeste contribution à l'édification de l'histoire littéraire malagasy de la dernière moitié du xixèm \: siècle ct du déb ut du xxèjljl: siècle. le frère raphaël louis rafiringa, très connu et apprécié dans le milieu religieux est méconnu, sinon ignoré dans le milieu littéraire. la véritable personnalité du cf'rll{ est difficile à déterminer. sa complexité même est le reflet de la rapide évolution historique de son pays, de sa destinée même qui suscite un très grand intérêt; elle traverse des milieux bien différents : païen, chrétien, scolaire, littéraire, judiciaire, politique. ayant vécu durant la période du royaume: depuis le règne de ranavalona 1 jusqu'à celui de ranavalona iti ~ et du début de la colonisation, il subit l'évolution de l'histoire en spectateur toujours attentif, mais marque aussi les événements de son empreinte. il participe étroitement à la vie de la première école catholique de ltmerina, devient le premier religieux malgache de j'institut des frères des ecoles chrétiennes. pendant les deux absences des missionnaires catholiques, il prend la tête de la communauté catholique merina. le f. raphaël fut un des rares malgaches membre de l'académie malgache fondé par gallieni par l'arrêté du 23 janvier 1902. devenu membre titulaire en remplacement du premier académicien malgache rabesihanaka, il côtoyait ses anciens élèves, jullien, berthier, les r.r.p.p cadet ct malzac, les pasteurs yernier et mondain, tou s des grands malgachisants, mais il était le seul malgache compétent. il rappelait souvent à ses collègues que « le génie de la langu e malga che diffère profondément de celui des langues européennes, et, seuls les indig ènes peuvent la parler dans sa pureté native », auteur de plusieurs communications dont la langue malga che, l'art oratoire, il ne cessait de susciter l'admiration de ses collègues. en matière d'oeuvres littéraires, il est difficile de lui dresser un tableau complet ct d'en mesurer exactement l'influence. une grande partie de son oeuvre fut détruite en 1915, lors de son arrestation pour être impliqué dans l 'affaire du yys. malgré cet inconcevable vandalisme inconscient, les chercheurs ont découvert un recueil de poésies occupant plus de 100 pages ct comprenant 2.500 vers, il pièces théâtrales qui donnent au total 193 pages manuscrites, des travaux ayant trait à la langue et la littérature malgaches, divers opuscules ayant pour titre fanambadiana kristianina : «le mariage chrétien», leingahy mianaka : «le vieux et son fils », ramanantsoa sy ny zanany : «ramanantso a et son fils », fonjam-bolamena madio: (lingot d'or pur), de s théories sur la littérature malgache, sur l 'ar/ ara/aire ... le frère raphaël louis rafiringa mourut en 1919. d'après les critiques littéraires, la période j-!itq(zv lly very. «a la recherche des valeurs perdues» se situe dans les ann ées 30 . selon le groupe d'écrivains ny avaria rarnanantoanina, charles rajoelisolo ct j. j rabcarivclo, fondateurs du j ournal ny fandrosoam-baovao, «le nouveau progrès», la poésie nationale commençait à tomber en désuétude. en effet sel on eux, les écrits des «solei 1 levants», jeunes auteurs malgaches nés aux en virons de 1910, ne reflétaient qu' à peine la personnalité malgache et l'esthétique nécessaire à une vraie littérature; ils lançaient alors l' appel «hitady i1y l'el)'» , «à la recherche des val eurs perdues ». bon nombre d'auteurs , de rédacteurs de joumaux, des lecteurs ont répondu massiv ement à cet appel. l'idée prenait de l'ampleur et devint un courant littéraire marquant la période 1931-1939. l' effort requis pour retrouver et réhabiliter la valeur de la littérature malgache portait sur troi s points : primordialité de la langue malgache, réhabilitation de la pro se et revalorisation de la poésie. les partisans de ce courant littéraire démontraient que la poésie n' étai ent pa s unc simple affa ire cie rythmes et de rim es, mais plutôt l'ex pression de la volupté de s'émouvoir et des pulsions se ntimentales; ce qui réclamait cie la part du poète un mi dans le style, une maîtrise de s métaphores pouvant toucher la sensibilité des lecteurs. un article publié dan s le j ournal fandrosoam-baovao , signé par les promoteurs de l'appel, le 13 juin] 934 mit en exergue le couronnement de tous icurs efforts: «le grain semé commençait cl porter ses fruits» . deux faits justifiaient eette sati sfaction légitime: la remise en cause de la versification et la production de s vraies compos itions poétiques. en effet, justin rainizanabololona, dit jupiter, le chef de file de s versi ficat eurs et farouche partisan du rythme et de la rime remettait en cau se publiquement (journal antananarivo n096) l'import ance de la versi fica tion dans la poésie pour prôner la prépondérance du contenu et des images ex primant les idées et les sentiments, les vraies compositions poétiques où l'on sentait «les élans d'un coeur qui f ont vibrer d 'autres coeurs, chants d 'une âme qui font frémir d 'autres âmes ». le politicien g. razafintsalama à la direction du journal fandrosoam-baov ao encouragea même les poètes à « rechercher également ce que l 'on avait perdu » sur le plan politique: la souveraineté nationale'! . la présente étude essaie de démontrer que ces «valeurs perdues» sont conservées dans ics oeuvres du cher frère raphaël louis rafiringa; elle apporte sa contribution à l ' éclaircissement de certains points sur la perte de ces valeurs déj à pressenties et pr évues par ce poète visionnaire. les di fférentes recherches faites jusqu'ici sur la p ériode indiquée, n'ont pas mentionné qu'il y avait, comme clans l'histoire littéraire des autres nations, à madagascar une «querelle des anciens et des modernes» : les tranainy ct les vaovao. cfrlr a écrit, comme son émule jupiter, une théorie littéraire; il a fondé même une école de littérature dans le milieu où il a beaucoup d'influence. de même, partant de l'étude minutieuse du jeu national fanorona, il a établi une théorie sur l'art oratoire malgache. les propos et les théories mentionn ées ci-dessus sont contenus dans le volvdronambara 'et démontrés dans les commentaires de texte dans la troisième partie de cette étude. l'on s'étonne qu'aucune étude sur les oeuvres littéraires du cfrlr n'a été faite jusqu'à présent et que l'histoire littéraire l'a complètement ignoré. c'est aussi pour combler cette flagrante lacune que nous avons entrepris de faire cc travail.