ajustement structurel a madagascar : impact sur la structure productive et sur la viabilite a long terme des paiements exterieurs
Faculte D’Economie, De Gestion Et De Sociologie - nan - None ()
Resume
la politique de nationalisation, dinvestissement à outrance et de développement autocentré des années 70 conférait un rôle prédominant au secteur public, et faisait de lindustrialisation son objectif central. letat a voulu intégrer le pays sur le chemin du développement par le secteur industriel, à travers lexploitation et la mise en valeur des ressources localement disponibles (les produits de lagriculture, la main duvre, lénergie et les matières premières). lobjectif était de mettre en place une industrie véritablement autocentrée capable, dune part, de fabriquer localement les biens de consommation nécessaires à la population et, dautre part, dexporter des produits transformés ou manufacturés. mais dans le but de réduire la concurrence extérieure et, de donner aux nationaux et surtout à letat le contrôle de lactivité économique, des mesures comme la protection tarifaire, le contrôle des prix et la fixation des prix ont été prises entre 1978 et 1982. afin de pouvoir tirer un maximum de profit, une politique de monopole detat a été aussi appliquée durant la même période. toutefois, compte tenu de certaines limites comme le système de prix administrés et le protectionnisme, pour freiner les importations compétitives, le programme de relance de la production industrielle est perturbé car la marge commerciale est limitée et lapprovisionnement en biens déquipement et en matières premières industrielles est devenue difficile. par conséquent, les industries ont fonctionné en dessous de leur capacité de production et elles sont soutenues à coup de subvention budgétaire. ce qui a entraîné la hausse du coût de production et le déséquilibre croissant entre la production et la consommation. ainsi, les mesures entreprises ont entraîné lintensification des contraintes quantitatives placées aussi bien sur le commerce intérieur que sur le commerce extérieur et des distorsions prononcées dans les rapports des prix. le programme dinvestissement lancé na pas eu deffets sur la capacité de production du pays. en effet, la politique de développement autocentré sest traduite par un grave déséquilibre interne et externe tels que une forte inflation, des termes de léchange défavorables et une accumulation darriérés de paiements extérieurs. pour rétablir léquilibre, les autorités ont décidé de mettre en place, de 1980 à 1987, un programme de stabilisation afin de parvenir à une maîtrise de la demande par une compression de la dépense publique (austérité en matière de budget, de crédit et de revenu) et des investissements (relèvement du taux dintérêt). de même, au niveau de loffre, pour encourager la production agricole et les exportations, le prix à la production du paddy a été libéré en 1983 et le prix de détail libéralisé en 1985. parallèlement, une politique de libéralisation des prix industriels a été lancée afin de reconstituer les marges des entreprises industrielles. mais face au grave déséquilibre structurel dont léconomie malgache a été victime, les autorités ont mis en place la politique dajustement structurel. elle vise le rétablissement de léquilibre interne et externe de léconomie, à travers les concours financiers externes (crédits dajustement structurel, aides à la balance des paiements, etc) en échange des programmes de réformes appliqués au niveau de chaque secteur productif (relèvement des prix agricoles, libéralisation des prix industriels, désengagement de letat du secteur productif, etc). ainsi, notre problème consiste à déterminer son impact sur la structure productive et sur la viabilité à long terme des paiements extérieurs. dans ce cas, notre approche est divisée en trois parties dont la première est consacrée à létude de la mise en place de lajustement structurel ainsi que des réformes dans les différents secteurs productifs. cest seulement dans la seconde et la troisième parties de létude que nous allons analyser limpact de lajustement structurel sur la structure productive et sur la viabilité à long terme des paiements extérieurs de madagascar. par ailleurs, le programme dajustement structurel vise à rétablir léquilibre de la balance des paiements et à améliorer la compétitivité internationale du pays. il désigne aussi un processus institutionnel qui se traduit par ladoption daccords économiques et financiers avec le fmi et la banque mondiale (accords de confirmation, les accords fas et fasr, par exemple). en outre, le fmi et la banque mondiale cautionnent des programmes de réformes en échange de concours financiers accordés surtout par des bailleurs bilatéraux. doù, les réformes dans les différents secteurs productifs de léconomie, qui ont pour objectifs une adaptation des systèmes de production et une amélioration des infrastructures et des institutions afin de faire face aux chocs et changements des structures économiques extérieures. en effet, des mesures ont été appliquées au niveau de chaque secteur productif dont les principales sont la libéralisation de la commercialisation au niveau interne et externe, le désengagement de letat du secteur productif, lélimination des restrictions aux échanges, labolition des différentes caisses de stabilisation, le développement du secteur privé et la privatisation de certaines entreprises publiques comme les banques detat, la telma, etc. dans le contexte de libéralisation, la privatisation a pour but délargir le marché, et la libéralisation du secteur financier et commercial permet de donner à léconomie une nouvelle envergure et au secteur privé une opportunité dinvestissement. toutefois, l'effort de libéralisation de la commercialisation des produits agricoles, l'abolition des différentes caisses de stabilisation, l'élimination des restrictions aux échanges ont affecté faiblement le volume de la production et celui des exportations. la mise en place d'une politique agricole permettant au secteur en question de devenir plus marchand et de s'ouvrir sur le marché local et sur le marché extérieur semble entravée par la faible mécanisation de lagriculture et le niveau dorganisation assez faible au niveau des producteurs. de même, la faible monétarisation de lactivité agricole, liée à limportance de lauto consommation, rend difficile laccès des producteurs à lutilisation dintrants. les résultats de l'estimation nous ont montré que seule une augmentation de la superficie cultivée permet une amélioration de la production rizicole, considérée comme aliment de base des malgaches. concernant les produits dexportation traditionnels dont lessentiel est composé par le café, la vanille et le girofle, la variation continuelle à la baisse du cours des produits de base sur le marché extérieur diminue la volonté des producteurs de renouveler et daméliorer leurs plantations. le vieillissement des plants constitue le principal handicap à l'évolution de la production. en effet, la rigidité de loffre de produits agricoles à lexportation réduit les recettes correspondantes ainsi que la rentrée de devises à travers ces exportations. du côté du secteur industriel, après l'effet négatif de la nationalisation sur le développement industriel, le désengagement progressif de l'etat du secteur productif, donnant de plus en plus place au développement du secteur privé, a apporté un certain dynamisme à l'exportation des produits manufacturiers. de plus, la libéralisation des échanges a constitué pour les industriels une opportunité favorable aux exportations manufacturières. l'existence d'une main d'uvre abondante a incité les investisseurs étrangers surtout dans le domaine du textile à exploiter cette filière à madagascar avec l'implantation des zones franches industrielles. la performance des industries du textile a été alors remarquable par rapport aux autres branches du fait quelles savent profiter de l'avantage que le régime de zone franche, instauré à partir de 1989 a accordé aux industries agréées à ce régime.